Escalade du conflit armé américano-iranien et perspectives de recomposition du système d'alliances au Moyen-Orient
Résumé général
Depuis le décès de Khamenei en février 2026, le conflit américano-iranien connaît, dans le cadre de la limite structurelle que constitue l'absence d'interlocuteur pour la négociation, une répétition de blocages prolongés et de reprises intermittentes depuis près de cinq mois ; à partir du 29 juillet, les frappes de la coalition américano-saoudienne contre les milices irakiennes et l'attaque iranienne contre une base militaire américaine en Jordanie ont étendu l'escalade à l'ensemble des pays riverains du Golfe, dont la Jordanie, le Koweït et l'Égypte. Le scénario le plus probable demeure celui d'un blocage prolongé assorti de reprises intermittentes (45 à 50 %), tandis qu'une reprise graduelle des négociations (15 à 20 %) ne gagnera en probabilité que si l'élection d'une nouvelle direction iranienne et les résultats de la médiation pakistanaise sont confirmés. En particulier, la proposition saoudienne d'élargir la coalition de défense maritime de 14 à 43 pays constitue une tentative de construction d'un système de sécurité multilatéral autonome, s'affranchissant de la dépendance au parapluie sécuritaire américain, ce qui laisse présager une possible recomposition de l'architecture sécuritaire du Moyen-Orient sous la forme d'une « cogestion américano-saoudienne ». À l'inverse, la divergence des objectifs stratégiques entre les États-Unis et Israël accroît la probabilité que le système d'alliances se transforme non pas en une hiérarchie unique, mais en une constellation de relations bilatérales lâches et multiples. Le gouvernement et les entreprises sud-coréens doivent, en anticipant une instabilité d'au moins 6 à 18 mois, mener de front une stratégie à double voie combinant la défense contre les risques liés aux détroits d'Ormuz et de Bab el-Mandeb et l'intégration dans le nouvel ordre dirigé par l'Arabie saoudite.
I. Analyse de la situation
Analyse de la situation : intensification du conflit armé américano-iranien et recomposition du système d'alliances au Moyen-Orient
1. Contexte et développement de la question
Le conflit militaire américano-israélo-iranien, déclenché par une frappe aérienne conjointe des États-Unis et d'Israël le 28 février 2026, est marqué par un événement sans précédent survenu dès le premier jour du conflit : la mort du Guide suprême iranien Ali Khamenei lors d'une frappe sur le centre de Téhéran, épisode qui est considéré comme ayant déclenché une recomposition fondamentale de l'ordre sécuritaire au Moyen-Orient[2][9]. Le président Trump avait annoncé, immédiatement après le déclenchement des hostilités, que la guerre se terminerait « d'ici quatre à cinq semaines », mais le conflit réel a largement dépassé cette prévision, se poursuivant depuis près de cinq mois selon un schéma répété de trêves intermittentes et de reprises des hostilités[3][7]. Le diagnostic commun des analyses sur le terrain souligne notamment que, dans la mesure où la légitimité de la direction de transition iranienne à négocier n'a toujours pas été validée par la communauté internationale depuis la mort de Khamenei, aucun des trois enjeux centraux — programme nucléaire, missiles balistiques et soutien aux forces mandataires régionales — n'a été résolu, ce qui a consolidé un blocage structurel caractérisé par une répétition de règlements provisoires et de récidives[2][9][11].
Le mémorandum d'entente (MoU) conclu en juin 2025 sous la médiation du Pakistan et du Qatar, ainsi que les négociations de haut niveau tenues en Suisse, avaient créé un élan diplomatique temporaire ; toutefois, neuf jours seulement après la signature, une nouvelle attaque contre un pétrolier civil dans le détroit d'Ormuz a révélé la fragilité de cet accord[11]. Par la suite, l'Iran a ravivé les tensions en attaquant des navires marchands près du détroit d'Ormuz, à proximité des côtes omanaises, ce qui a signifié l'effondrement de fait de la trêve annoncée sous forme de briefing[3]. Ce schéma récurrent constitue un argument à l'appui de la prévision des think tanks locaux, selon laquelle une percée structurelle des négociations restera difficile à obtenir jusqu'à l'élection d'un nouveau Guide suprême en Iran[9].
2. Situation actuelle
À partir du 29 juillet 2026, la situation est entrée dans une nouvelle phase. Les forces conjointes américano-saoudiennes ont frappé des positions de milices soutenues par l'Iran en Irak, causant la mort d'au moins 20 combattants et de 6 conseillers militaires iraniens ; en représailles, l'Iran a mené une attaque de missiles visant une base militaire américaine stationnée en Jordanie[4][6][8][14]. La Jordanie a annoncé avoir intercepté des missiles iraniens dans son espace aérien, tandis que le président Trump a confirmé personnellement que l'opération conjointe américano-saoudienne s'était déroulée en coordination préalable avec le gouvernement irakien, qualifiant les milices soutenues par l'Iran de « cancer pour le monde » (a cancer on the world)[10]. Cette déclaration est interprétée comme indiquant que les futures opérations militaires pourraient viser, au-delà de simples représailles, l'ensemble du réseau régional de forces mandataires iraniennes.
Au port de Damiette, en Égypte, une attaque de drones a provoqué un incendie sur deux navires transporteurs de gaz naturel, fait confirmé par la société britannique de sécurité maritime Ambrey[4]. Les rebelles houthis ont nié toute implication dans l'attaque de Damiette[16], mais l'ampleur géographique du conflit s'étend nettement à l'ensemble des pays riverains du Golfe, comme l'illustrent la revendication par le CGRI d'une frappe contre la base aérienne koweïtienne d'Ali Al Salem et la condamnation par les Émirats arabes unis des nouvelles attaques iraniennes contre le Koweït et la Jordanie[16]. Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) poursuit ses opérations de blocus maritime visant à interrompre le transport maritime à destination et en provenance des ports iraniens ; au 29 juillet, il a annoncé avoir fait dévier la route de 20 navires marchands, en avoir neutralisé 2 et avoir procédé à l'inspection embarquée de 2 autres[6]. Toutefois, le fait que le transport commercial continue d'être autorisé à transiter par le détroit d'Ormuz révèle que la stratégie adoptée relève d'un contrôle sélectif plutôt que d'un blocus total[6].
Dans ce contexte d'escalade, une rencontre entre Trump et Netanyahou s'est tenue à la Maison Blanche le 28 juillet ; si l'objectif commun de mettre fin au programme nucléaire iranien a été réaffirmé, les analyses locales estiment que cette rencontre « a révélé que les divergences structurelles entre les États-Unis et Israël quant à l'orientation stratégique de la guerre demeurent non résolues »[2]. Les prix du pétrole ont bondi de 4 à 5 % en raison des craintes de perturbation de l'approvisionnement mondial via le détroit d'Ormuz[8][14][15], ce qui atteste que cette escalade est désormais perçue non plus comme un simple affrontement militaire, mais comme un événement produisant un choc immédiat sur le marché mondial de l'énergie.
3. Principaux acteurs, positions et intérêts
L'Arabie saoudite est apparue, dans cette phase, comme un acteur militaire actif et un concepteur de l'architecture sécuritaire régionale, allant au-delà d'un simple rôle d'observateur. En réponse à la déclaration par les rebelles houthis d'un blocus maritime contre l'Arabie saoudite et à leurs revendications d'attaques contre des pétroliers saoudiens en mer Rouge ainsi que contre des infrastructures pétrolières sur le territoire du royaume[12], le ministère saoudien de la Défense a annoncé la formation d'une coalition de défense maritime de 14 pays, incluant non seulement des États du Golfe tels que le Koweït, le Qatar et Bahreïn, mais aussi le Pakistan, la Turquie, l'Égypte et la Jordanie[1], et il a même été rapporté que Riyad avait proposé d'étendre ce projet à une échelle de 43 pays[16]. Cela démontre que l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, place la liberté de navigation dans le détroit de Bab el-Mandeb, les routes commerciales internationales et la sécurité de l'approvisionnement énergétique mondial au sommet de ses priorités sécuritaires, tandis que sa participation directe aux opérations militaires menées sous conduite américaine mérite d'être soulignée comme un basculement de son rôle traditionnel de « soutien à l'arrière » vers celui d'« acteur de première ligne »[4][10][12][13].
L'Iran est confronté, depuis la mort de Khamenei, à un problème de légitimité de la direction de transition en matière d'autorité de négociation, contrainte structurelle qui rend difficile la pérennité de tout accord diplomatique[2][9]. L'Iran, par l'intermédiaire du CGRI, a mené des représailles simultanées sur plusieurs fronts — Irak, Koweït, Jordanie — démontrant ainsi que son réseau de forces mandataires régionales conserve une capacité opérationnelle réelle[16][17], mais une guerre de l'information se déroule en parallèle, les États-Unis démentant notamment les revendications iraniennes concernant six appareils militaires endommagés[16].
Les États-Unis maintiennent une ligne dure, le président Trump ayant affirmé vouloir « frapper durement l'Iran » et qualifiant les milices soutenues par l'Iran en Irak de « cancer pour le monde »[10][15], mais les divergences stratégiques avec Israël quant à la conduite de la guerre, révélées lors de la rencontre avec Netanyahou, n'ont pas été entièrement résolues[2]. Selon une analyse du CFR, la politique iranienne de l'administration Trump se retrouve pratiquement dans une impasse offrant « peu de bonnes options » (few good options)[3], l'échec du scénario de fin de guerre rapide initialement annoncé portant inévitablement atteinte à la crédibilité de cette politique.
Israël, dont le Premier ministre Netanyahou a qualifié la rencontre à la Maison Blanche d'« excellente »[6], reste aligné avec les États-Unis sur l'objectif de mettre fin au programme nucléaire iranien ; toutefois, en évoquant des violations de la trêve par le Hezbollah[15], Israël se réserve la possibilité d'une action militaire autonome sur le front libanais, ce qui traduit un écart d'appréciation avec la stratégie américaine de gestion de l'escalade.
La Jordanie, le Koweït et l'Égypte, ainsi que d'autres pays voisins du Golfe et du Levant, sont involontairement absorbés dans la zone directement touchée par l'escalade. La Jordanie supporte un double fardeau, sa base militaire américaine étant à la fois la cible d'attaques de missiles iraniens et son espace aérien devant simultanément assurer des opérations d'interception[4][10][16] ; le Koweït a subi une frappe contre la base aérienne d'Ali Al Salem[16] ; l'Égypte a ouvert une enquête pour déterminer l'origine de l'attaque de drones sur le port de Damiette[12][13]. Les Émirats arabes unis ont ouvertement condamné les attaques iraniennes contre le Koweït et la Jordanie, manifestant ainsi une cohésion au niveau du Conseil de coopération du Golfe (CCG)[16].
Le Pakistan, après avoir joué un rôle de médiateur conjointement avec le Qatar lors de la phase de négociation précédente[9][11], continue de se présenter comme un facilitateur cherchant des issues diplomatiques même en pleine phase d'escalade, ayant notamment indiqué que le canal de « normalisation » du dialogue américano-iranien reste actif[16].
4. Synthèse des enjeux centraux
Premièrement, la question de la représentativité et de la légitimité de la direction de transition iranienne pour négocier constitue l'obstacle fondamental de toute tentative diplomatique. Le consensus des analyses locales est qu'aucun accord ne pourra garantir de force exécutoire avant l'élection d'un nouveau Guide suprême et l'achèvement de la recomposition interne du pouvoir[2][9].
Deuxièmement, les trois enjeux — programme nucléaire, missiles balistiques et soutien aux forces mandataires — étant interconnectés, une limite structurelle persiste, rendant impossible un règlement fondamental par un accord partiel[2][9][11].
Troisièmement, la formation par l'Arabie saoudite d'une coalition de défense maritime autonome peut être interprétée comme une tentative des pays du Golfe de se doter d'une capacité de sécurité propre au sein du système d'alliances centré sur les États-Unis, ce qui pose la question de l'équilibre futur entre la dépendance envers le parapluie sécuritaire américain et l'autonomie régionale[1][12][16].
Quatrièmement, la mise en évidence simultanée du double risque maritime lié aux détroits d'Ormuz et de Bab el-Mandeb consolide une instabilité structurelle de l'ensemble des chaînes d'approvisionnement énergétique et logistique traversant le Moyen-Orient, difficile à résoudre à court terme, ce qui devient la préoccupation majeure des marchés internationaux de l'énergie[3][8][14][15].
II. Analyse approfondie de la question
Analyse approfondie : causes fondamentales et contexte structurel du conflit armé américano-iranien
1. Analyse des causes fondamentales de la question
La cause fondamentale de la situation actuelle réside dans le vide de pouvoir survenu en Iran à la suite de la mort de Khamenei lors de la frappe aérienne sur Téhéran le premier jour du conflit, le 28 février 2026. Alors que le mécanisme habituel de résolution des conflits présuppose que la direction du pays vaincu se présente à la table des négociations pour décider soit d'une capitulation, soit d'une trêve, dans le cas de l'Iran, l'interlocuteur de négociation lui-même est absent, ou sa légitimité n'a pas été validée, ce qui constitue depuis près de cinq mois le principal moteur de la prolongation de la crise. L'EAI (East Asia Institute) diagnostique cette situation en soulignant que « depuis la mort de Khamenei, sans que l'autorité de négociation de la direction de transition iranienne ait été validée, les trois enjeux centraux — programme nucléaire, missiles balistiques et soutien aux forces mandataires régionales — restent non résolus », et analyse que c'est la raison pour laquelle un blocage prolongé demeure le scénario le plus probable[2]. En d'autres termes, ce défaut structurel que représente l'absence d'interlocuteur pour la négociation continue de creuser l'écart entre les résultats militaires et un dénouement diplomatique.
La deuxième cause fondamentale réside dans l'écart fondamental entre le délai de fin de guerre initialement fixé par l'administration Trump et la réalité du conflit. Le président Trump avait annoncé, immédiatement après le déclenchement des hostilités, que la guerre se terminerait « d'ici quatre à cinq semaines », mais même quatre mois plus tard, après une brève accalmie, le conflit s'est de nouveau intensifié sans montrer de signe de conclusion[3]. Cet écart entre un délai optimiste et la réalité laisse entrevoir l'absence, au sein des États-Unis, d'une stratégie de sortie claire concernant la question iranienne, le CFR estimant que les États-Unis se trouvent dans une situation où « il ne leur reste presque plus de bonnes options »[3]. La troisième cause fondamentale tient au fait que le réseau de forces mandataires iraniennes ne constitue pas un front unique, mais se compose de plusieurs strates : milices irakiennes, houthis yéménites, Hezbollah libanais. En conséquence, même lorsque les États-Unis et Israël frappent directement le territoire iranien ou le CGRI, une structure s'est établie où des représailles asymétriques distinctes surviennent via les forces mandataires ; de fait, Israël a évoqué des violations de la trêve par le Hezbollah, et les milices présentes en Irak ont été désignées comme responsables de l'attaque contre la base militaire américaine en Jordanie[15]. Cela signifie que la résolution du conflit ne peut être atteinte par la seule négociation avec le territoire iranien, mais nécessite des travaux distincts de dissuasion ou de démantèlement pour chaque nœud du réseau de forces mandataires.
2. Contexte structurel : superposition des structures politiques, économiques et sécuritaires
Sur le plan politique, la situation actuelle comporte une tension structurelle liée à la divergence des objectifs stratégiques entre les États-Unis et Israël. La rencontre Netanyahou-Trump a réaffirmé l'objectif commun de mettre fin au programme nucléaire iranien, mais selon l'analyse de l'EAI, elle « a révélé que les divergences structurelles entre les États-Unis et Israël quant à l'orientation stratégique de la guerre demeurent non résolues »[2]. Ceci s'interprète comme découlant d'un écart d'appréciation, Israël souhaitant un affaiblissement fondamental du régime iranien lui-même, voire un démantèlement complet du réseau de forces mandataires, tandis que les États-Unis privilégient, compte tenu des contraintes politiques internes et du risque de guerre totale, des frappes limitées et graduelles. Cette asymétrie stratégique interne à l'alliance se traduit par un schéma où Trump annonce vouloir « frapper durement l'Iran », tout en se limitant en pratique à des frappes ciblées contre les forces mandataires en Irak[15].
Sur le plan structurel économique, le fait que les deux goulets d'étranglement stratégiques que représentent les détroits d'Ormuz et de Bab el-Mandeb soient directement liés aux chaînes d'approvisionnement énergétique mondiales constitue le facteur clé amplifiant l'impact de la situation. Le fait que les prix du pétrole ont bondi de 4 à 5 % dès l'annonce des frappes en Irak et de l'attaque de missiles en Jordanie[8][14][15] démontre la vulnérabilité structurelle par laquelle les tensions militaires dans cette région se répercutent immédiatement sur les prix mondiaux de l'énergie. En particulier, alors que les rebelles houthis ont déclaré un blocus maritime contre l'Arabie saoudite et désigné les pétroliers saoudiens en mer Rouge ainsi que les infrastructures pétrolières saoudiennes comme cibles d'attaque[12], l'Arabie saoudite a réagi en formant une coalition de défense maritime de 14 pays (proposée par la suite pour être étendue à 43 pays) sous sa propre direction[1][16]. Cela traduit un mouvement par lequel l'Arabie saoudite, ne dépendant plus exclusivement du parapluie sécuritaire américain, entend construire une plateforme de sécurité multilatérale autonome, ce qui laisse présager une possible multipolarisation de la structure sécuritaire de la région du Golfe.
Sur le plan sécuritaire, il convient de noter la formation d'une structure double, caractérisée par la coexistence de l'opération de blocus maritime dirigée par le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) et de la coalition de défense maritime dirigée par l'Arabie saoudite. Le CENTCOM poursuit ses opérations de blocus visant les navires marchands en direction ou en provenance des ports iraniens, ayant annoncé avoir fait dévier la route de 20 navires marchands jusqu'au 29 juillet[6], ce qui montre que les États-Unis continuent d'assumer le rôle de garant ultime de la sécurité maritime régionale. Toutefois, le fait que l'Arabie saoudite ait simultanément formé une coalition multilatérale distincte, incluant non seulement les pays du Golfe tels que le Koweït, le Qatar et Bahreïn, mais aussi le Pakistan, la Turquie, l'Égypte et la Jordanie[1], suggère une transition d'un système sécuritaire unique centré sur les États-Unis vers une structure combinant en parallèle des efforts régionaux d'autonomisation centrés sur l'Arabie saoudite. Cette structure sécuritaire double a, à court terme, l'effet de répartir le fardeau assumé par les États-Unis, mais peut également, à long terme, être interprétée comme le germe structurel d'une relativisation de l'influence régionale américaine.
3. Précédents historiques et comparaison avec des cas similaires
La situation actuelle, tout en reproduisant sous plusieurs aspects les schémas des conflits passés au Moyen-Orient, présente des caractéristiques qualitativement différentes. Tout d'abord, la situation d'absence d'interlocuteur pour la négociation résultant de la mort du Guide suprême partage un dilemme structurel similaire à celui de la phase d'effondrement du régime de Saddam Hussein après la guerre d'Irak de 2003. À cette époque également, l'expérience a montré que le vide de pouvoir suivant l'effondrement du régime avait conduit à une guerre civile prolongée et à une prolifération de forces mandataires ; la situation actuelle en Iran pourrait connaître une incertitude similaire persistante jusqu'à ce que la variable décisive que constitue l'élection d'un nouveau Guide suprême après la mort de Khamenei soit résolue. L'EAI estime qu'« il sera difficile d'établir une percée structurelle dans les négociations avant l'élection d'un nouveau Guide suprême iranien »[9], ce qui s'inscrit dans la lignée de la leçon historique selon laquelle un accord réel avec des acteurs extérieurs demeure difficile avant l'achèvement de la recomposition du pouvoir en période de transition de régime.
Par ailleurs, le schéma d'une escalade asymétrique par l'intermédiaire de forces mandataires suit une trajectoire similaire à celle de la guerre du Liban de 2006 ou de la phase de montée des tensions irano-américaines de 2019-2020 (cas des attaques de roquettes contre des bases militaires américaines en Irak après l'élimination de Soleimani). Toutefois, alors que les précédents historiques s'étaient limités à des échanges de représailles localisés et de courte durée, la situation actuelle se distingue par une portée géographique de diffusion bien plus étendue, s'étendant à l'Irak, la Jordanie, le Koweït, l'Égypte, la mer Rouge et le détroit d'Ormuz[4][6][16][13]. En particulier, le fait que l'Arabie saoudite ait directement participé aux frappes américaines contre les milices soutenues par l'Iran[4][14] peut être considéré comme un nouveau jalon, montrant que l'Arabie saoudite est passée d'un affrontement par procuration avec les houthis dans le cadre de la guerre civile yéménite à une entrée dans un système de coordination militaire directe avec les États-Unis.
Par ailleurs, le schéma constitué par la signature du MoU sous médiation pakistanaise et qatarienne en juin 2025, les négociations de haut niveau tenues en Suisse, puis leur nouvel effondrement neuf jours plus tard[11], révèle une fragilité similaire à celle qu'a connue par le passé l'accord nucléaire iranien (JCPOA), marqué par des cycles répétés de conclusion et de rupture. Toutefois, dans la mesure où, à l'époque du JCPOA, la question de la légitimité des parties à la négociation ne se posait pas, on peut considérer que l'environnement de négociation actuel est structurellement encore plus défavorable. Comme le souligne le CFR, la situation où l'accord de Trump avec l'Iran s'est « effondré, laissant aux États-Unis peu de bonnes options »[3] réaffirme, à l'instar du précédent où l'Iran avait repris ses activités nucléaires après le retrait de l'administration Obama du JCPOA, un schéma où la rupture des négociations conduit directement à une montée des tensions militaires.
4. Variables clés de l'évolution de la question
La première variable clé qui déterminera l'évolution future de la situation est le processus d'élection d'un nouveau Guide suprême en Iran et son résultat. L'EAI souligne qu'« il sera difficile d'établir une percée structurelle dans les négociations avant l'élection d'un nouveau Guide suprême iranien », et précise que « l'orientation de la nouvelle direction iranienne (ligne dure contre pragmatiques) constitue la variable centrale de la probabilité d'aboutissement des négociations »[9]. Selon l'évaluation générale des think tanks locaux, si la ligne dure s'empare du pouvoir, le soutien aux forces mandataires et les activités nucléaires se renforceraient au contraire, augmentant la probabilité de réalisation du scénario d'escalade (25 à 30 %), tandis que l'émergence des pragmatiques ouvrirait la voie à une transition vers le scénario d'accord graduel (15 à 20 %)[2].
La deuxième variable est l'efficacité et l'extension éventuelle de la coalition de défense maritime dirigée par l'Arabie saoudite. Le fait que cette coalition, initialement lancée avec 14 pays[1], ait ensuite fait l'objet d'une proposition d'extension à l'échelle de 43 pays[16] laisse entrevoir l'intention saoudienne de la développer non pas comme une simple mesure temporaire, mais comme une architecture de sécurité multilatérale permanente. Si cette coalition parvient à exercer une dissuasion militaire réelle et à assurer la sécurité de la navigation en mer Rouge et à Bab el-Mandeb, cela pourrait constituer un tournant accélérant la transition d'un système d'alliances unique centré sur les États-Unis vers un système de sécurité régional multilatéral centré sur l'Arabie saoudite. Inversement, si les menaces de blocus et les attaques houthies en mer Rouge se poursuivent, remettant en question l'efficacité de la coalition, les pays du Golfe seront probablement amenés à renforcer à nouveau leur dépendance au parapluie sécuritaire américain.
La troisième variable concerne l'orientation de la coordination stratégique entre Israël et les États-Unis. Le fait que « les divergences structurelles entre les États-Unis et Israël quant à l'orientation stratégique de la guerre » persistent malgré l'objectif commun confirmé lors de la rencontre Netanyahou-Trump[2] laisse présager que la tension entre la possibilité qu'Israël conduise de manière autonome l'escalade et les tentatives américaines de la contenir se poursuivra. Si cet échec de coordination se répète, une escalade indirecte via des forces mandataires est susceptible de perdurer.
Enfin, la stabilisation ou non du double goulet d'étranglement que constituent le détroit d'Ormuz et la mer Rouge constituera la variable clé déterminant l'impact économique. L'EAI prévoit que « le détroit d'Ormuz, même en cas de réouverture provisoire, nécessitera de 6 à 18 mois pour atteindre une stabilisation complète »[7][9], et estime que des reprises intermittentes des affrontements sont susceptibles de se répéter durant cette période. Selon la manière dont s'articuleront la poursuite éventuelle de l'opération de blocus maritime du CENTCOM[6] et les résultats de la coalition saoudienne en matière de défense de la mer Rouge, la durée de persistance de la prime de risque sur les chaînes d'approvisionnement des principaux pays asiatiques — dont la Corée du Sud, dont une part importante des importations énergétiques dépend du Moyen-Orient — sera déterminée.
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Connectez-vous pour continuer la lecture*Ce texte est une traduction par IA d'un original rédigé en coréen. Certaines traductions ou nuances peuvent être inexactes.
Ce rapport est une analyse approfondie conçue par un chercheur de l'EAI, fondée sur une recherche rigoureuse assistée par IA et finalisée par le chercheur de l'EAI.