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Une alliance forte, une opinion publique divisée : une enquête d'opinion commune Corée-États-Unis-Japon

Catégorie
Document de travail
Publié le
21 octobre 2015

L'EAI, en collaboration avec le CCGA américain, le Genron NPO japonais et le Horizon Research Consultancy Group chinois, a mené une enquête d'opinion commune sur les perceptions mutuelles entre la Corée, les États-Unis et le Japon. Ce rapport est la traduction en coréen du rapport en anglais publié par le CCGA, basé sur les résultats des enquêtes d'opinion dans les quatre pays.

Résumé

La Corée, le Japon et les États-Unis entretiennent officiellement des relations trilatérales solides, centrées sur leur alliance avec les États-Unis, et coordonnent et coopèrent au niveau gouvernemental sur diverses questions d'intérêt commun et menaces. Cependant, face à l'ascension de la Chine, la méfiance mutuelle entre la Corée et le Japon entrave le développement des relations trilatérales, malgré l'insistance des États-Unis sur l'importance d'une relation trilatérale solide.

L'opinion publique dans les trois pays suit des tendances similaires à la dynamique intergouvernementale. La majorité des citoyens dans ces trois pays reconnaissent l'importance des relations avec les deux autres pays et soutiennent la présence continue des troupes américaines dans la région asiatique. Cependant, l'opinion publique est divisée sur des questions plus larges qui affectent la consolidation des alliances régionales.

Le premier défi réside dans le fait que les populations coréenne et japonaise perçoivent l'alliance de sécurité comme une question bilatérale distincte avec les États-Unis, plutôt que comme une relation trilatérale. Cela reflète un niveau de méfiance considérable entre la Corée et le Japon. Bien que la majorité des citoyens coréens et japonais soient confiants dans leurs relations avec les États-Unis, une minorité seulement pense que l'autre pays agira de manière responsable sur la scène internationale.

Les enquêtes d'opinion suggèrent que la raison pour laquelle les opinions publiques coréenne et japonaise convergent est qu'elles partagent la conviction que les engagements de sécurité des États-Unis sont essentiels à leur propre sécurité et qu'elles ne peuvent que s'y fier. La majorité des citoyens coréens et japonais sont favorables à ce que les États-Unis fournissent un soutien militaire pour leur défense nationale, mais ne sont pas favorables à ce que les États-Unis déploient des troupes pour la défense de l'autre pays. Cette tendance est particulièrement prononcée chez les Coréens, où seule une petite minorité se montre favorable à ce que les troupes américaines défendent le Japon.

Le deuxième défi pour la coopération régionale est la manière dont les États-Unis peuvent faire progresser leur politique de rééquilibrage vers l'Asie. Bien qu'il existe un soutien public à la présence continue des troupes américaines, seulement un citoyen sur dix en Corée, au Japon et aux États-Unis soutient le renforcement de la présence militaire américaine dans la région. Les États-Unis continuent de rassurer la Corée et le Japon, leurs deux principaux partenaires en Asie, quant à leur engagement envers la défense de ces pays, mais les mesures visant à renforcer leur présence militaire, telles que l'augmentation de la puissance navale américaine dans la région Asie-Pacifique, ne bénéficient que d'un faible soutien public.

Le troisième défi concerne l'avenir de l'alliance Corée-États-Unis après la réunification coréenne. Plus de 70 % des Américains sont favorables au maintien de l'alliance après la réunification, mais 40 % estiment que les troupes américaines devraient se retirer même si l'alliance est maintenue. Les Coréens sont divisés quant à la présence des troupes américaines en Corée, 49 % soutenant leur maintien et 44 % s'y opposant.

Au-delà des questions relatives à l'alliance trilatérale, un autre défi important est l'impact de l'influence croissante de la Chine sur les relations régionales. Selon l'enquête d'opinion commune menée dans les quatre pays (Corée, États-Unis, Japon, Chine), les citoyens des quatre pays s'accordent à dire que l'influence de la Chine augmente, mais leurs attentes quant à la manière dont la Chine exercera cette influence divergent. Seulement deux Japonais sur dix et environ un tiers des Américains pensent que la Chine agira de manière responsable sur la scène internationale. En revanche, une majorité de Coréens estime que la Chine traitera les affaires internationales de manière responsable.

Enfin, la perspective chinoise sur l'Asie de l'Est diffère considérablement de celle des trois pays. Les Chinois considèrent que la relation avec les États-Unis est la plus importante parmi leurs relations bilatérales avec la Corée, le Japon et les États-Unis, mais moins de la moitié des Chinois (45 %) croient que les États-Unis agiront de manière responsable sur la scène internationale. Contrairement à la Corée et au Japon, une majorité de Chinois (58 %) pense que le nombre de troupes américaines stationnées en Corée et au Japon devrait être réduit, et entre 56 % et 82 % s'opposent au déploiement de troupes américaines pour permettre aux États-Unis de défendre leurs alliés régionaux en cas de besoin. Les Chinois expriment également une inquiétude considérable quant à la détérioration des relations avec le Japon et à la possibilité de conflits, contrairement aux Japonais.

Introduction

La relation trilatérale entre la Corée, le Japon et les États-Unis a été la pierre angulaire de la sécurité en Asie de l'Est pendant plus de 60 ans. Malgré quelques turbulences, elle est restée relativement stable au cours des cinq dernières années. Les trois pays continuent de coopérer pour atténuer les menaces, résoudre les problèmes internationaux et protéger leurs intérêts fondamentaux. Bien que l'opinion publique sur la relation trilatérale soit globalement positive, un examen plus approfondi révèle des fissures qui méritent une attention particulière.

Les résultats de cette enquête d'opinion révèlent la gravité de la méfiance entre la Corée et le Japon. La méfiance du public envers le pays voisin doit être résolue, car elle peut limiter les efforts et la volonté des décideurs politiques de promouvoir les intérêts de sécurité nationale. De plus, les perceptions de la Chine varient entre les trois pays. Il existe des divergences claires quant à la manière dont la Chine exercera son influence nouvellement acquise, avec des différences particulièrement marquées entre les Coréens et les Japonais. Enfin, compte tenu des divergences d'opinion potentielles entre la Corée et les États-Unis concernant le rôle de l'alliance Corée-États-Unis après la réunification coréenne, il est nécessaire de discuter de l'avenir de la relation d'alliance à la lumière de la réunification.

Perception of the Trilateral Relationship among Korea, the U.S., and Japan

The publics of South Korea, the U.S., and Japan generally agree on the importance of the trilateral alliance. A majority of South Koreans (98% important, 71% very important) and Japanese (89% important, 69% very important) consider their country’s relationship with the U.S. to be important. Americans also view their relationships with Japan (88%) and South Korea (83%) as important, but a relatively smaller proportion consider them ‘very’ important, suggesting a somewhat weaker conviction in their significance [Figure 1].

[Figure 1] Perceptions of the Importance of Bilateral Relationships

Despite poor political relations between South Korea and Japan, the publics of both countries appear to hold pragmatic views on the bilateral relationship. While less than half of respondents in both countries consider the relationship to be ‘very’ important, a large majority deem it important overall. However, distrust is a significant feature of the bilateral relationship, even at the public level. Only 48% of South Koreans believe Japan will act responsibly on the world stage, and only 25% of Japanese trust South Korea to do so [Figure 2].

Americans also express uncertainty about whether South Korea will act responsibly in addressing global challenges. While 66% of Americans believe South Korea is a reliable partner (compared to 78% for Japan), only one-third (36%) are confident that South Korea will act responsibly on the world stage. In contrast, 58% believe Japan will act responsibly on the world stage. This indicates a significant gap in trust between the U.S.’s two most important allies in Asia.

Notably, South Koreans express more confidence in the U.S. and China than in their own country to resolve global issues. South Korea is the only country among the four surveyed to express this sentiment, suggesting a lack of clarity regarding its role on the world stage and a deficit in trust toward national leadership.

[Figure 2] Perceptions of Trust in Ability to Handle World Affairs

Americans express more confidence in their own country than in regional allies to handle global affairs, which helps explain strong public support for the U.S. military presence in the region. A 2014 Chicago Council on Global Affairs (CCGA) survey found that 64% of Americans support a long-term U.S. troop presence in Japan, and 55% support a U.S. troop presence in South Korea.

The Rebalancing Policy toward Asia

The survey findings on the U.S. rebalancing policy toward Asia present a significant challenge for regional policymakers. The U.S. has consistently emphasized its commitment to its allies, even stating its willingness to use force to defend them if necessary. However, despite the rise of China creating a more natural environment for an increased U.S. military presence in the region, the U.S. faces public opposition in both South Korea and Japan, and even within the U.S. itself, making implementation difficult.

Public opinion in the U.S. on President Obama’s 2011 announcement of the U.S. rebalancing policy toward Asia has been mixed. The policy was introduced at a time when conflict in the Middle East was easing, signaling that Asia would become the most important region for the U.S. A 2012 CCGA survey found that 54% of respondents supported the rebalancing policy, which involves shifting U.S. diplomatic and military resources from the Middle East and Europe to Asia. Support rose to 60% in 2014 but has gradually declined since, with 49% of Americans supporting the policy in 2015. This appears to be due to growing concerns about the threat of terrorism from extremist militant groups in the Middle East.

While the current survey did not specifically ask about the U.S. rebalancing policy toward Asia in South Korea and Japan, public opinion polls from other institutions suggest some level of support for the policy in both countries. A 2012 Asan Policy Institute poll found that 55% of South Koreans supported the rebalancing policy. In a 2015 Pew Research Center survey, 58% of Japanese and 50% of South Koreans—compared to 47% of Americans—responded that an increase in U.S. troops in the region is “good because it helps maintain peace in the region.” Furthermore, a survey by the East Asia Institute conducted between 2010 and 2015 showed an increase in support for a continued U.S. troop presence in South Korea, rising from 48% in 2010 to 66% in 2015.

A 2015 CCGA survey asked publics in South Korea, Japan, and the U.S. about the appropriate size of the U.S. military presence in the Asia-Pacific. A majority in each country (53% of Japanese, 61% of South Koreans, 64% of Americans) preferred to maintain the current level. Support for increasing the troop presence was very low. Compared to those who favored a reduction, the proportion favoring an increase was half as large in the U.S. and Japan, and two-thirds as large in South Korea [Figure 3].

[Figure 3] Perceptions of the Appropriate Size of U.S. Troop Presence in the Asia-Pacific

The China Challenge

China’s recent emergence as a great power in East Asia is altering regional dynamics. Analysis of CCGA polling data suggests these shifts are becoming more pronounced over time. In surveys conducted between 1998 and 2012, Americans were asked whether Japan or China was more important to U.S. interests. In 1998, Americans considered Japan more important than China (Japan 47%, China 28%). By 2012, however, 70% of respondents chose China, while only 27% selected Japan.

Given China’s growing military, technological, and economic power, publics in all three countries—South Korea, Japan, and the U.S.—expect China’s regional influence to increase over the next decade [Figure 4]. It is therefore unsurprising that publics in all three countries consider their relationship with China important. However, they hold differing views on how China will exercise its expanded influence, which helps explain why South Korea and Japan adopt different approaches toward China. These differences account for why South Korea and Japan seek common ground in their relationships with the U.S. while maintaining distinct positions on China.

[Figure 4] Perceptions of China’s Regional Influence in the Next Decade

China and Japan

Under the Abe administration, Japanese attitudes toward China have taken a distinct turn. Relations between China and Japan cooled rapidly following Prime Minister Abe’s assumption of power, and this shift is reflected in public opinion. Japan is the only country among the three surveyed where a majority (42%) did not consider the relationship with China to be very important. This sentiment is mirrored in China, where only 12% of respondents considered the relationship with Japan to be very important. Distrust is also a significant feature of the bilateral relationship in both countries. Only 15% of Japanese believe China will act responsibly on the world stage, and only 14% of Chinese believe Japan will do so.

Public opinion in China and Japan reveals no clear consensus on how to improve bilateral relations. In Japan, one in ten respondents believes that cultural exchange, strengthening political and security ties, cooperation on global issues, or enhancing economic ties would be most beneficial for improving Sino-Japanese relations. In China, one-third believe that strengthening political and security ties is the best way forward, a clearer preference than among the Japanese. Nevertheless, the lack of a clear public consensus in either country on how to improve relations underscores the difficulty of achieving such an improvement.

[Figure 5] Perceptions of Ways to Improve Sino-Japanese Relations

South Korea and China

South Korea presents a contrasting picture, maintaining consistently friendly relations with China under President Park Geun-hye. This friendliness is consistent with the fact that a majority of South Koreans (71%) trust China to act responsibly on the world stage. However, Chinese respondents do not share this view to the same extent, with only 47% expressing similar confidence in South Korea.

While the development of Sino-South Korean relations has raised concerns among some experts about potential harm to U.S. interests, the South Korean public views relations with both China and the U.S. as equally important. However, they emphasize different aspects of these relationships. For the U.S., security and political ties are paramount, whereas for China, economic ties are the primary focus. 70% of South Koreans believe strengthening economic ties with China is important, compared to only 15% who believe strengthening political and security ties is the best way to improve relations [Figure 6].

[Figure 6] Perceptions of Ways to Improve South Korea-China Relations

However, South Korea’s focus on the economic dimension of its relationship with China may also limit bilateral ties. Survey results reveal a dual perception of China’s economy among South Koreans. While China is seen as a vital market for South Korean products and the country’s largest trading partner—thus necessitating stronger economic ties—it is also perceived as a potential threat. A 2012 Asan Policy Institute survey found that 53% of South Koreans viewed China as an economic threat, a figure that rose to 72% in 2014. This increase likely stems from concerns that Chinese companies are undermining the competitiveness of South Korean firms both domestically and abroad.

États-Unis et Chine

Le gouvernement américain a constamment affirmé qu'il n'avait aucune intention de contenir la Chine dans le cadre de sa politique et a publiquement encouragé l'amélioration des relations entre la Corée et la Chine. Il a également salué les mouvements du Japon visant à étendre son rôle militaire.

L'opinion américaine à l'égard de la Chine semble similaire à la position du gouvernement. Depuis 2006, les deux tiers des Américains ont constamment répondu qu'ils préféraient engager la Chine plutôt que de la contenir, et une enquête de 2015 a révélé que plus de la moitié des Américains considéraient les relations avec la Chine comme très importantes (55% très importantes, 33% assez importantes). En Chine, seulement 23% des personnes interrogées ont déclaré que les relations avec les États-Unis étaient très importantes, mais 79% des Chinois, y compris ceux-ci, considéraient les relations avec les États-Unis comme importantes dans l'ensemble, et ont répondu que les relations avec les États-Unis étaient plus importantes que les relations bilatérales avec la Corée et le Japon.

Indépendamment de l'importance qu'ils s'accordent mutuellement, le manque de confiance mutuelle reste un problème. Seulement 34% des Américains ont répondu que la Chine agirait de manière responsable dans la résolution des problèmes internationaux, tandis que 46% des Chinois pensaient que les États-Unis le feraient.

La méfiance des Chinois envers les États-Unis découle en partie de leur attitude à l'égard de la présence militaire américaine dans la région, peut-être liée à la crainte que les États-Unis ne cherchent à les contenir. Clairement, plus de la moitié des Chinois (58%) ont répondu que la présence militaire américaine dans la région Asie-Pacifique devrait être réduite.

Bien que les relations de sécurité soient le domaine le plus discuté dans les relations sino-américaines, une proportion relativement faible de Chinois (19%) pensent que l'amélioration des relations politiques et de sécurité est le meilleur moyen d'améliorer les relations sino-américaines dans leur ensemble [Figure 7]. Au contraire, les Chinois semblent préférer renforcer les liens économiques avec les États-Unis (45%). Pendant ce temps, les Américains ont montré une distribution plus homogène de leurs préférences quant aux diverses mesures visant à améliorer les relations sino-américaines par rapport aux Chinois. 29% des Américains ont répondu qu'ils préféraient renforcer les relations économiques, et 33% les relations politiques et de sécurité. Cependant, le fait que les États-Unis et la Chine divergent sur le renforcement des relations politiques et de sécurité est particulièrement préoccupant compte tenu du risque d'erreurs d'appréciation dans la région de l'Asie de l'Est.

[Figure 7] Enquête sur les perceptions des moyens d'améliorer les relations sino-américaines

Scénarios de conflits potentiels et résultats attendus

Les experts de l'Asie citent les différends territoriaux comme le facteur le plus susceptible de provoquer des conflits dans la région de l'Asie de l'Est, mais les populations de Corée, des États-Unis, de Chine et du Japon estiment que les conflits sont plus susceptibles d'éclater en raison d'un éventail plus large de problèmes, tels que la concurrence dans les domaines de l'énergie et de l'économie, les relations intercoréennes et la prolifération des armes nucléaires. En général, les Coréens et les Japonais ne semblent pas très préoccupés par les relations entre la Corée et le Japon, la Chine et le Japon, ou entre les deux rives du détroit de Taiwan [Figure 8].

[Figure 8] Enquête sur les facteurs de conflit et leur probabilité entre les principaux pays d'Asie

Parmi les quatre pays (Corée, États-Unis, Chine, Japon), les Japonais ont estimé que la probabilité de conflit était faible pour tous les facteurs susceptibles de le provoquer. Bien que plus de la moitié des Japonais aient répondu que la concurrence pour les principales sources d'énergie (59%) et les tensions intercoréennes (59%) pourraient entraîner des conflits entre pays, leurs taux de réponse étaient nettement inférieurs à ceux des autres pays. Seulement 4 sur 10 pensaient que les relations sino-japonaises étaient potentiellement dangereuses (39%), et 2 sur 10 pensaient de même pour les relations nippo-coréennes (22%).

Les Coréens pensaient que la probabilité de conflit serait plus élevée que celle des Japonais dans toutes les situations. Par exemple, plus de la moitié des Coréens ont répondu que les relations sino-japonaises (56%) et les relations nippo-coréennes (54%) étaient susceptibles d'entraîner un conflit, soit modérément, soit très probable. Cependant, un plus grand nombre de Coréens pensaient que la concurrence pour les ressources énergétiques et l'économie, la prolifération nucléaire et les tensions intercoréennes pourraient provoquer des conflits entre les principaux pays d'Asie.

Bien que les options de réponse dans le questionnaire varient légèrement d'un pays à l'autre, les Chinois et les Américains ont des points de vue différents sur la question. Les Chinois pensent que la concurrence dans les domaines de l'énergie et de l'économie est la cause la plus probable de conflit. Ils ont ensuite désigné les relations sino-japonaises (72%) comme un facteur de conflit potentiel, un chiffre plus élevé que pour le Japon. Deux Chinois sur trois ont répondu que la prolifération nucléaire (65%) et les tensions intercoréennes (63%) pourraient entraîner des conflits, tout comme la présence militaire américaine dans la région Asie-Pacifique (65%).

Les opinions des Américains sur les conflits potentiels causés par la concurrence dans les domaines de l'énergie et de l'économie, les relations intercoréennes et la prolifération nucléaire n'étaient pas très différentes de celles des Chinois. Les deux tiers des Américains, tout comme les Chinois, considèrent la présence militaire américaine dans la région Asie-Pacifique comme un facteur de conflit potentiel, et le pourcentage de répondants qui estiment que l'augmentation de la puissance militaire chinoise provoquera des conflits est plus élevé aux États-Unis qu'en Chine (États-Unis 79%, Chine 59%).

Attitudes à l'égard de la Corée du Nord et de l'usage de la force

Comme le montrent les résultats de l'enquête, les tensions intercoréennes sont toujours perçues comme un problème de sécurité majeur dans la région, en particulier par la Corée, les États-Unis et le Japon. Le CCGA a découvert lors de cette enquête que plus de la moitié des Américains considéraient le programme nucléaire nord-coréen comme une menace sérieuse. Pendant ce temps, le pourcentage de répondants considérant le programme nucléaire de l'Iran comme une menace était légèrement inférieur à 57%. Plus de la moitié des Américains pensent que le problème nucléaire nord-coréen devrait être résolu par des efforts diplomatiques, et le taux de soutien à l'usage de la force pour mettre fin au programme nucléaire nord-coréen était faible [Figure 9]. Les Américains sont plus réticents à accepter que la Corée du Nord produise davantage d'armes nucléaires qu'à envoyer des forces militaires pour détruire ses installations nucléaires.

[Figure 9] Enquête sur les attitudes américaines face à la Corée du Nord

Si les États-Unis et la Corée du Nord entraient en conflit militaire, cela se produirait le plus probablement lorsque les tensions intercoréennes atteindraient un niveau incontrôlable. Dans l'hypothèse où la Corée du Nord envahirait la Corée du Sud, les opinions des Américains seraient divisées quant à l'usage de la force par les États-Unis pour défendre la Corée du Sud (47% pour, 49% contre). En revanche, en cas de conflit entre la Chine et Taiwan, le soutien à l'usage de la force par les États-Unis est resté pratiquement inchangé pendant 17 ans (28% pour, enquête de 2015).

Ce soutien limité des Américains à la défense de la Corée du Sud pourrait soulever des questions quant à l'engagement de défense des États-Unis en Corée, mais il est nécessaire de comprendre le contexte. Le soutien du public américain au déploiement de troupes américaines est resté à son plus haut niveau depuis 2014, et le soutien au déploiement de troupes américaines pour la défense de la Corée du Sud a également augmenté régulièrement depuis 19% en 1974.

D'autres situations pourraient exiger l'usage de la force par les États-Unis dans la région de l'Est de l'Asie, et le niveau de soutien variait selon les pays. Environ un tiers des Sud-Coréens (36 %) ont répondu favorablement à l'envoi de troupes américaines pour défendre Taïwan en cas d'invasion chinoise, tandis que 27 % ont exprimé leur soutien en cas d'attaque nord-coréenne contre le Japon, et 27 % en cas d'agression militaire chinoise préventive contre le Japon. Cependant, 91 % des Sud-Coréens ont soutenu l'intervention des troupes américaines si la Corée du Nord envahissait la Corée du Sud.

Pendant ce temps, la majorité des Japonais ont approuvé le déploiement de troupes américaines pour défendre la Corée du Sud (57 %) et le Japon (71 %) en cas d'attaque nord-coréenne. De plus, une majorité de Japonais souhaitent que les États-Unis utilisent leurs troupes pour défendre le Japon en cas d'action militaire préventive de la Chine contre le Japon (56 %).

[Figure 10] Enquête d'opinion sur l'usage de la force par les États-Unis dans la région

Impact d'une future réunification

La réunification des deux Corées est un sujet fréquemment discuté, mais peu de progrès concrets ont été réalisés ces dernières années. Bien qu'un effondrement de la Corée du Nord soit la voie la plus probable vers la réunification, la meilleure situation pour toutes les parties prenantes serait une réunification volontaire, en particulier sous la direction du gouvernement sud-coréen. En cas de réunification suite à un effondrement nord-coréen, l'alliance Corée du Sud-États-Unis est susceptible de se maintenir au moins à moyen terme. Dans le cas d'une réunification volontaire, des discussions sociales prolongées sur l'alliance Corée du Sud-États-Unis et la présence des troupes américaines auront lieu des deux côtés.

Dix-huit pour cent des Américains ont répondu qu'il faudrait mettre fin à l'alliance Corée du Sud-États-Unis en cas de réunification. Cependant, depuis la première enquête d'opinion sur ce sujet en 2010, le sentiment public concernant le maintien de l'alliance Corée du Sud-États-Unis et la présence des troupes américaines en Corée du Sud a évolué. En 2010, le pourcentage de personnes favorables au maintien des troupes américaines en Corée du Sud après la réunification était supérieur à celui des personnes favorables à leur retrait, mais en 2015, la tendance s'est inversée [Figure 11].

[Figure 11] Enquête d'opinion américaine sur la relation d'alliance après la réunification des deux Corées

La discussion la plus importante concernant l'avenir de l'alliance Corée du Sud-États-Unis après la réunification aura naturellement lieu en Corée du Sud. Bien que la réunification soit encore une idée plutôt qu'un projet tangible, près de la moitié des Sud-Coréens estiment que les troupes américaines devraient être maintenues en Corée du Sud après une réunification pacifique (49 % pour, 44 % contre). L'alliance pouvant perdurer indépendamment de la présence des troupes américaines, l'opinion publique opposée au maintien des troupes américaines en Corée du Sud n'affectera pas la relation d'alliance.

Les Japonais semblent également favorables au maintien des troupes américaines en Corée du Sud après la réunification. Les opinions favorables s'élèvent à 45 %, tandis que 29 % estiment que les troupes américaines devraient être retirées de la péninsule coréenne. Cependant, les Chinois ont exprimé une opinion différente, environ deux tiers (66 %) répondant qu'il n'est pas nécessaire que les troupes américaines restent en Corée après une réunification pacifique des deux Corées.

Conclusion

Alors que les gouvernements sud-coréen, américain et japonais continuent de mettre en avant les atouts de leur alliance à trois, l'opinion publique révèle des vulnérabilités évidentes dans cette alliance qui nécessitent une discussion. Il reste de nombreux points à résoudre, allant de la question de la réparation des fissures dans les relations Corée du Sud-Japon, à l'établissement de la confiance dans l'approche des trois pays envers la Chine, en passant par les questions relatives à la réunification de la péninsule coréenne, mais il sera difficile de résoudre toutes ces questions.

Les deux pays, la Corée du Sud et le Japon, reconnaissent pleinement l'importance de leurs relations bilatérales. Pour que leurs relations se rétablissent, un leadership politique au niveau national est nécessaire.

Les trois pays, Corée du Sud, États-Unis et Japon, doivent maintenir une distance appropriée les uns par rapport aux autres, fondée sur la confiance, et reconnaître leurs approches divergentes vis-à-vis de la Chine. Bien qu'il n'y ait actuellement aucun signe d'un changement d'orientation à long terme et significatif de la part de la Corée du Sud envers la Chine, et que la perception des relations bilatérales avec les États-Unis soit très positive, le développement des relations amicales entre la Corée du Sud et la Chine reste un aspect à surveiller. Cependant, les relations amicales de la Corée du Sud avec la Chine devraient être les bienvenues, et cela devrait encourager la participation continue de la Chine dans la discussion de diverses questions. ■

Méthodologie

Chicago Council on Global Affairs (CCGA) – États-Unis

Ce rapport est basé sur les résultats d'une enquête d'opinion américaine sur la politique étrangère menée par le CCGA en 2015. L'enquête a été réalisée par l'institut d'études de marché GfK auprès de 2 034 adultes de 18 ans et plus résidant dans tout le pays, via son programme d'enquête en ligne à l'échelle nationale KnowedgePanel, du 15 mai au 17 juin 2015. La marge d'erreur est de ± 2,2 à ± 3,1 points de pourcentage, variant selon la question.

Genron NPO – Japon

L'enquête d'opinion de NPO a été menée du 9 au 30 avril 2015 auprès de 1 000 adultes de 18 ans et plus. L'enquête a sélectionné 50 régions au Japon sur la base des données démographiques de 2010, et a extrait 20 échantillons de chaque région. La méthode de collecte par visite et retour a été utilisée, où les questionnaires ont été remis directement aux répondants et récupérés quelques jours plus tard. La marge d'erreur est de ± 4,6 à ± 6,0 points de pourcentage, variant selon la question.

East Asia Institute (EAI) – Corée du Sud

L'enquête d'opinion de l'EAI a été menée par Korea Research du 17 avril au 17 mai 2015 auprès de 1 010 adultes de 18 ans et plus. L'enquête a utilisé la méthode d'échantillonnage stratifié par région, sexe et âge, et a été menée par des entretiens en face à face. La marge d'erreur est de ± 3,1 points de pourcentage.

Horizon Research Consulting Group – Chine

Horizon Research a mené une enquête d'opinion du 25 août au 11 septembre 2015 auprès de 3 000 résidents de 29 villes au niveau provincial (省) âgés de 18 ans et plus. Les échantillons ont été sélectionnés par la méthode d'échantillonnage probabiliste proportionnel à la taille (PPS) et les entretiens ont été menés en face à face. La marge d'erreur est de ± 1,8 point de pourcentage.

*Ce texte est une traduction par IA d'un original rédigé en coréen. Certaines traductions ou nuances peuvent être inexactes.

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