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China Shock 2.0 et les risques pour l'industrie européenne de l'acier et des métaux : diagnostic local et stratégies de réponse

Catégorie
Observation Actuelle
Publié le
13 août 2026
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Résumé général

L'offensive exportatrice de la Chine vers l'Europe résulte d'une surproduction structurelle déclenchée par la crise immobilière, et il est peu probable qu'elle s'inverse à court terme. On prévoit que l'UE élargira progressivement le CBAM et les droits antidumping selon l'ordre acier → véhicules électriques → batteries → robots, ce scénario étant le plus probable avec une probabilité de 50 à 55 %. Le fait que l'acier soit la première cible confère à l'industrie sidérurgique coréenne une urgence de réponse supérieure à celle des autres secteurs. La structure asymétrique observée dans le cas allemand, à savoir la contraction des exportations vers la Chine conjuguée à l'aggravation du déficit commercial, alimente durablement l'opinion protectionniste au sein de l'UE. Les entreprises coréennes doivent faire de la mise en place d'un système de données sur l'intensité carbone conforme au CBAM leur priorité absolue, tout en renforçant simultanément la production sur le territoire de l'UE et les partenariats de chaîne d'approvisionnement avec les entreprises allemandes.

I. Analyse de la situation

China Shock 2.0 : diagnostic local de la crise de l'industrie européenne de l'acier et de l'automobile

1. Contexte et évolution de la question

L'offensive exportatrice de la Chine vers l'Europe a débuté au début des années 2020 dans les secteurs des véhicules électriques et des batteries[2]. Par la suite, la gamme de produits concernés s'est élargie à l'acier, à la chimie et à la machinerie[2]. Plus récemment, elle s'est étendue jusqu'aux robots industriels[2]. La cause profonde de cette dynamique ne réside pas dans des facteurs extérieurs, mais dans la structure de la demande intérieure chinoise[2].

La prolongation de la crise du marché immobilier chinois a entraîné une contraction de la consommation intérieure[2]. Une structure s'est installée durablement, par laquelle la capacité de production non absorbée sur le marché domestique est déversée vers les marchés étrangers[2]. Le Peterson Institute for International Economics (PIIE) a analysé ce phénomène sous le titre « L'effondrement immobilier chinois se propage au-delà des frontières »[8]. L'excédent du compte courant chinois est passé de 0,7 % du PIB en 2019 à 3,7 % en 2025[8][2]. Sur la base des données douanières, un excédent commercial d'une ampleur bien plus importante encore est constaté[8].

Le média singapourien Business Times distingue ce phénomène du premier « China Shock » survenu au début des années 2000 lors de l'adhésion de la Chine à l'Organisation mondiale du commerce (OMC)[1]. Alors que le premier choc résultait d'une délocalisation manufacturière liée à une main-d'œuvre à bas coût et à l'afflux d'investissements étrangers, ce nouveau choc serait porté par une structure d'épargne excédentaire[1]. Selon cette analyse, les subventions constituent un facteur qui oriente les exportations de certains secteurs, mais ne sont pas en elles-mêmes la cause de la flambée des exportations[1].

2. Situation actuelle

Le déficit commercial entre l'UE et la Chine a atteint 360 milliards d'euros en 2025[2][12]. Le média indien Mint estime, sur cette base, que l'UE s'oriente déjà vers une « guerre commerciale » avec la Chine[12]. Selon ce média, des signaux d'alerte se sont succédé à Bruxelles pendant une période prolongée, et les 27 États membres sont entrés dans une phase de préparation de mesures énergiques pour répondre au dumping, à la surproduction et à la dépendance des chaînes d'approvisionnement[12].

Un phénomène paradoxal se manifeste nettement en Allemagne. Les exportations allemandes vers la Chine ont diminué de plus de 12 % en glissement annuel au premier semestre 2026, s'établissant à environ 37 milliards d'euros[15]. Bien que la Chine conserve son statut de premier partenaire commercial de l'Allemagne, elle est passée du 2e au 9e rang parmi les marchés d'exportation des produits allemands entre 2021 et aujourd'hui[15][2]. L'organisme public allemand GTAI (Germany Trade & Invest) explique que ce phénomène résulte de la réduction volontaire, par les entreprises chinoises elles-mêmes, de leur dépendance aux importations européennes[15]. Cette structure où les exportations diminuent tandis que le déficit commercial s'aggrave alimente les inquiétudes du milieu industriel allemand[2][15].

Dans le secteur des véhicules électriques, le média officiel chinois Global Times (环球时报) rapporte que les ventes des marques chinoises en Europe de l'Ouest ont atteint un niveau record, malgré les mesures tarifaires de l'UE[9]. BYD, XPeng, AVATR, JAC Motors, entre autres, ont également exposé de nouveaux modèles à l'exposition de Tbilissi en Géorgie, illustrant une diversification simultanée vers les marchés émergents[9]. Dans un autre article, Global Times, citant le Quotidien du Peuple (人民日报), pose la question suivante : « De grandes exportations et un excédent important signifient-ils nécessairement une surproduction ? » Le média réfute l'idée que certaines zones économiques, inquiètes du déclin de leur compétitivité industrielle nationale, en imputent la responsabilité à la Chine pour justifier des mesures protectionnistes[5]. Selon la position officielle chinoise, considérer que le volume des exportations et l'excédent commercial prouvent en soi une surproduction constitue une affirmation unilatérale, qui alimente les conflits entre secteurs industriels et perturbe les chaînes d'approvisionnement mondiales[5].

3. Principaux acteurs et positions

Commission européenne et États membres. Le scénario le plus probable envisagé est celui d'une extension progressive par l'UE du CBAM (mécanisme d'ajustement carbone aux frontières) et des droits antidumping, selon l'ordre acier, véhicules électriques, batteries, robots. La probabilité est évaluée entre 50 et 55 %[2]. Toutefois, les préférences politiques internes aux États membres sont fracturées. L'Allemagne, en raison de la dépendance de son industrie automobile au marché chinois, se montre prudente face à une confrontation directe, tandis que la France et l'Italie privilégieraient des mesures protectionnistes relativement plus fermes[2]. Cette fracture constitue une variable de gestion qui détermine la vitesse et l'intensité de la réponse de l'UE[2].

Milieu industriel allemand. L'Allemagne est un pays où l'industrie automobile représente 14 % du PIB, et le poids de ce secteur dans les domaines politique, économique et sécuritaire y est plus important que dans tout autre État membre[10]. La configuration actuelle, caractérisée par une baisse simultanée des exportations vers la Chine et une aggravation du déficit commercial, pourrait porter un coup direct à la base manufacturière allemande[15][2].

Gouvernement chinois et médias officiels. La partie chinoise adopte une stratégie discursive visant à réfuter le cadre même de la surproduction. Global Times et le Quotidien du Peuple présentent l'augmentation des exportations comme le résultat d'une montée en gamme industrielle[5]. Cela suggère qu'une régulation volontaire des exportations, telle qu'espérée par l'UE, sera difficile à réaliser[2]. Parallèlement, la Chine est susceptible de mener de front la diversification vers les marchés émergents et une guerre de communication, tout en exploitant les fractures internes à l'Europe[2][9].

Instituts d'analyse américains et observateurs régionaux. La Brookings Institution aborde cette question sous l'angle de savoir « si l'Europe peut survivre au China Shock 2.0 », et estime que la Chine, en cherchant des marchés capables d'absorber ses excédents d'exportation, a concentré ce fardeau sur l'Europe[4]. Eurasia Group désigne cette question comme le risque géopolitique numéro un pour 2026, prévoyant que la Chine, incapable de sortir de sa phase déflationniste, continuera de chercher une issue par les exportations, et que le coût en sera partagé par d'autres pays tels que le Brésil, le Canada, l'Europe et le Japon[11].

4. Enjeux clés

Le premier enjeu concerne la qualification de ce phénomène. Alors que l'UE et les instituts de recherche américains le qualifient de surproduction structurelle et de refoulement des exportations induit par la politique industrielle, les médias officiels chinois le présentent comme le résultat naturel de la compétitivité industrielle[5][2][4]. Cette différence de qualification se répercute directement sur le débat concernant la légitimité des mesures de réponse.

Le deuxième enjeu concerne la durée de ce phénomène. Il est majoritairement estimé que ce mouvement, loin d'être un cycle conjoncturel de court terme, découle de problèmes structurels du marché immobilier chinois et devrait se poursuivre pendant plusieurs années[2][8].

Le troisième enjeu concerne la cohésion interne de l'UE. Les divergences d'intérêts entre l'Allemagne d'une part, et la France et l'Italie d'autre part, constituent un facteur limitant l'adoption d'une réponse cohérente au niveau de l'UE[2]. Plusieurs analyses ont déjà souligné la possibilité que la Chine exploite cette fracture dans sa stratégie envers l'Europe[2][9].

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*Ce texte est une traduction par IA d'un original rédigé en coréen. Certaines traductions ou nuances peuvent être inexactes.

Ce rapport est une analyse approfondie conçue par un chercheur de l'EAI, fondée sur une recherche rigoureuse assistée par IA et finalisée par le chercheur de l'EAI.

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