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[ADRN Working Paper] La gouvernance pandémique aux Philippines : récession démocratique et risques de corruption - Partie II

Catégorie
Document de travail
Publié le
16 juillet 2021
Projets associés
Réseau de recherche sur la démocratie en Asie

Note de l'éditeur

Au début de la pandémie, le gouvernement philippin avait réussi à contenir la propagation de la COVID-19. Cependant, l'usage de mesures de confinement strictes par le gouvernement a plongé le pays dans une profonde récession économique, soulignant les effets néfastes du compromis entre la santé et l'économie d'un pays. Le régime populiste aux Philippines a conduit à une érosion démocratique, affaiblissant l'écosystème institutionnel conçu pour lutter contre la corruption dans le pays. Francisco A. Magno, de l'Institut de gouvernance Jesse M. Robredo, analyse comment la récession démocratique a affecté négativement la responsabilité publique aux Philippines. En prenant l'exemple de l'éclatement de scandales de corruption qui ont accompagné la crise pandémique, l'auteur soutient que le populisme a déclenché des tendances autoritaires dans le pays, ce qui a ensuite diminué le rôle des institutions démocratiques et des systèmes de freins et contrepoids. Francisco A. Magno affirme que la revitalisation des institutions démocratiques est cruciale pour que les Philippines luttent contre la corruption de manière judicieuse et systématique.


※Ce qui suit est un extrait de l'article. Pour le texte intégral, veuillez consulter le fichier joint en haut de cette page.

Introduction

Des études antérieures indiquent que les démocraties établies présentent des niveaux de corruption inférieurs à ceux des régimes autoritaires ou des jeunes démocraties.[1] À cet égard, il est intéressant d'examiner comment les tendances autoritaires ont diminué le rôle des institutions démocratiques et des systèmes de freins et contrepoids qui contrôlent la corruption. L'éclatement de scandales de corruption qui ont accompagné la crise sanitaire du Coronavirus (COVID)-19 en 2020 illustre comment la récession démocratique a affecté négativement l'état de la responsabilité publique aux Philippines.

Cette étude examine si la pandémie de COVID-19 a davantage favorisé la récession démocratique et les risques de corruption aux Philippines. Elle examine les schémas d'irrégularités émergeant de la mise en œuvre des programmes publics visant à répondre à la crise. Des arrangements institutionnels mal conçus et de faibles contrôles démocratiques créent des opportunités pour la commission de transactions illicites dans la prestation de biens et services publics. Enfin, elle considère l'importance de la revitalisation des institutions démocratiques comme un effort clé dans la lutte contre la corruption sur le long terme.

L'éruption de la pandémie de COVID-19 a mis en évidence de graves vulnérabilités à la corruption dans de nombreux pays. Cependant, même avant la pandémie, on estime qu'en moyenne 10 à 25 % de la valeur d'un marché public peuvent être perdus au profit de la corruption.[2] À l'échelle mondiale, plus de 7 800 milliards de dollars sont alloués annuellement à la santé publique.[3] Avec davantage de fonds publics disponibles pour lutter contre la pandémie, de meilleures garanties sont nécessaires pour prévenir la corruption.

La crise de la COVID-19 a accéléré la corruption. Le potentiel de corruption en temps de pandémie est plus grand, surtout lorsque les pressions pour une action gouvernementale rapide peuvent conduire à des raccourcis qui nuisent à l'intégrité des processus institutionnels. Les principaux domaines de risque comprennent la rétention de données sanitaires précises, les irrégularités dans les marchés publics, l'achat d'équipements de qualité inférieure et le détournement de budgets de santé.[4]

Il est reconnu que la pandémie de COVID-19 a commencé le 17 novembre 2019, avec le premier cas enregistré de la maladie dans la ville de Wuhan, province du Hubei, en Chine. Dans les semaines suivantes, les cas de personnes infectées par le virus se sont multipliés. Cependant, le gouvernement a gardé un contrôle strict sur les données sanitaires et a même réprimandé les médecins locaux qui avaient alerté sur la nouvelle maladie. Le gouvernement chinois n'a informé l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) de l'existence du virus que le 31 décembre 2019. Ce manque de transparence a empêché les autorités sanitaires mondiales de prendre des mesures préventives et de contenir la transmission du virus COVID-19 à travers les villes, les nations et les frontières.[5]


[1] Ina Kubbe et Annika Engelbert, « Corruption and the impact of democracy ». Crime, Law and Social Change 70, 2 (2018) 175-178.

[2] ONUDC, Guidebook on Anti-Corruption in Public Procurement and the Management of Public Finances. New York : Bureau des Nations Unies contre la drogue et le crime (2013),

https://www.unodc.org/documents/corruption/Publications/2013/Guidebook_on_anti-corruption_in_public_procurement_and_the_management_of_public_finances.pdf (Consulté le 18 octobre 2013).

[3] OMS, Global spending on health : A world in transition, WHO/HIS/HGF/HF Working Paper, No. 19.4, Genève : Organisation Mondiale de la Santé (2019);

https://www.who.int/health_financing/documents/health-expenditure-report-2019.pdf?ua=1 (Consulté le 6 février 2020).

[4] Sarah Steingrüber, Présentation lors de la discussion virtuelle « 25 ans de lutte avec la nation contre la pandémie perpétuelle de corruption », Transparency International-Philippines et Stratbase ADR Institute, 28 août 2020.

[5] Sarah Steingrüber, Monica Kirya, David Jackson et Saul Mullard, Corruption in the time of COVID-19 : A double-threat for low-income Countries, U4 Anti-Corruption Resource Centre, 2020.


 Francisco A. Magno enseigne les sciences politiques et les études du développement à la De La Salle University (DLSU). Il est le directeur fondateur de l'Institut de gouvernance Jesse M. Robredo de la DLSU. Il a été président de la Philippine Political Science Association de 2015 à 2017. Il a obtenu son doctorat en sciences politiques à l'Université d'Hawaï.


  • Responsable et éditeur : Seojunghye, chercheuse à l'EAI

      Contact : 02 2277 1683 (poste 207) I jhush@eai.or.kr

Pièces jointes

  • 5.Philippins_PandemicCrisisandDemocraticGovernance(part2).pdf

*Ce texte est une traduction par IA d'un original rédigé en coréen. Certaines traductions ou nuances peuvent être inexactes.

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