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Type de régime et mémoire nationale
Série de documents de travail du programme de bourses de l'EAI n°22
Auteur
Jennifer Lind est professeure adjointe au département de sciences politiques du Dartmouth College. Elle est titulaire d'un doctorat en sciences politiques du Massachusetts Institute of Technology, d'une maîtrise en affaires internationales du Pacifique de l'Université de Californie à San Diego et d'une licence de l'Université de Californie à Berkeley.
Le professeur Lind est l'auteur de Sorry States: Apologies in International Politics, un livre qui examine l'effet de la mémoire de la guerre sur la réconciliation internationale (Cornell University Press, 2008). Elle a également publié des articles universitaires dans International Security et Pacific Review, et a écrit pour un public plus large dans The Atlantic et Foreign Policy. Le professeur Lind a travaillé comme consultante pour la RAND Corporation et pour le Bureau du Secrétaire du Département de la Défense des États-Unis, et a vécu et travaillé au Japon. Ses intérêts de recherche actuels comprennent la résilience du régime nord-coréen, la planification des missions militaires américaines en cas d'effondrement de la Corée du Nord, la compétition énergétique et ses implications pour la sécurité en Asie de l'Est, et la démocratisation et la stabilité en Asie de l'Est.
Ce document a été soumis au "Programme de bourses de l'EAI sur la paix, la gouvernance et le développement en Asie de l'Est" soutenu par la Fondation Henry Luce basée à New York. Tous les documents ne sont disponibles que via la base de données en ligne.
Résumé
Les analystes ont spéculé que le type de régime a une influence puissante sur la manière dont les États se souviennent, et donc sur le potentiel de réconciliation internationale. Les universitaires soutiennent que si les régimes autoritaires colportent des mythes chauvins sur leur comportement passé, les démocraties sont plus susceptibles de se souvenir du passé de manière conciliante, car les dirigeants ont une légitimité électorale et en raison d'un libre marché des idées. Dans cet article, (1) je déduis une hypothèse de cette sagesse conventionnelle. Je montre des preuves que seules les démocraties sont disposées et capables de s'engager dans des débats nationaux autoréflexifs sur leurs violences passées, et que de tels débats ont conduit (comme le montre le cas de l'Allemagne) à une mémoire conciliante. Cependant, je remets en question la sagesse conventionnelle avec deux arguments. (2) Les régimes autoritaires n'ont pas nécessairement toujours intérêt à fomenter le nationalisme xénophobe : ils colportent parfois des mythes xénophiles sur les États avec lesquels ils cherchent la réconciliation. De plus, (3) je déduis un argument montrant qu'un libre marché des idées n'éradiquera pas nécessairement les mythes aussi efficacement que de nombreux universitaires le pensent. Un libre marché fournira les idées demandées par ses consommateurs, qui évitent souvent l'autoréflexion et la culpabilité au profit d'un récit historique plus égocentrique, et parfois chauvin.
Les effets politiques de la mémoire sont devenus une question importante dans les affaires internationales contemporaines. Les universitaires soutiennent que la qualité de la mémoire d'un pays affecte la confiance internationale et les perspectives de réconciliation entre anciens adversaires. La mémoire nationaliste et xénophobe est censée créer des différends et entretenir la méfiance ; les universitaires soutiennent que la mémoire conciliante facilite la réconciliation. Par exemple, le processus tortueux de normalisation diplomatique entre la Turquie et l'Arménie a été entravé par le refus d'Ankara de reconnaître ou de s'excuser pour le massacre d'Arméniens par la Turquie en 1915-1918. Le déni de l'Holocauste par des dirigeants iraniens de premier plan crée de la consternation à Tel-Aviv et dans le monde entier, augmente la perception de la menace et renforce les partisans d'une frappe préventive sur les installations nucléaires iraniennes. Les relations arabo-israéliennes sont semées de différends sur l'histoire ; les refus du Japon de reconnaître ses atrocités de la Seconde Guerre mondiale aggravent les relations en Asie de l'Est.
Les analystes ont spéculé que le type de régime a une influence puissante sur la manière dont les États se souviennent, et donc sur le potentiel de réconciliation. Les universitaires soutiennent que les régimes autoritaires, contestés dans leur légitimité et s'appuyant sur un marché des idées contrôlé, colportent des mythes chauvins sur leur comportement passé. Cela accroît la méfiance à l'égard de leurs intentions parmi les autres États, déclenche des conflits perturbateurs sur l'histoire et entrave la réconciliation. Inversement, les universitaires s'attendent à ce que dans les démocraties, la légitimité électorale des dirigeants et un libre marché des idées conduisent à une mémoire plus conciliante, permettant aux États de faire progresser les relations.
Comprendre l'effet du type de régime sur la mémoire nationale est important pour de nombreuses raisons. Bien que le type de régime ne soit pas nécessairement une variable manipulable, une meilleure compréhension de ce qui motive la mémoire dans les États autocratiques par rapport aux États démocratiques est essentielle à mesure que les pays individuels ou la communauté internationale deviennent de plus en plus actifs dans leurs tentatives d'influencer la manière dont les États se souviennent. De plus, compte tenu des spéculations sur la libéralisation politique en Asie de l'Est (libéralisation politique chinoise et unification coréenne), la compréhension de la manière dont les changements de gouvernance sont susceptibles d'affecter la mémoire et le nationalisme dans ces pays rend cette question particulièrement pertinente pour la région.
Cet article apporte plusieurs contributions pour faire avancer le débat sur le lien entre le type de régime et la mémoire nationale. (1) Je déduis une hypothèse (les "boucs émissaires autoritaires") de la sagesse conventionnelle selon laquelle les régimes autoritaires sont plus susceptibles de colporter des mythes chauvins sur le passé, d'accroître la méfiance et de créer des différends internationaux sur l'histoire. En apportant des preuves, je note qu'il est vrai que seules les démocraties sont disposées et capables de s'engager dans des débats nationaux autoréflexifs sur leurs violences passées, et que de tels débats peuvent (comme le montre le cas de l'Allemagne) conduire à une mémoire conciliante...(Suite)
*Ce texte est une traduction par IA d'un original rédigé en anglais. Certaines traductions ou nuances peuvent être inexactes.