Frappes aériennes israéliennes à grande échelle sur le Liban et ciblage des infrastructures du Hezbollah : une analyse des risques géopolitiques
Résumé analytique
Le 4 septembre, l'armée israélienne a détruit un réseau de tunnels souterrains du Hezbollah sur la crête d'Ali Taher à Nabatieh, puis a étendu ses frappes aériennes au-delà de la zone de sécurité. Pour la première fois depuis le cessez-le-feu de juin, les frappes ont atteint la région de la Bekaa occidentale, et le nombre de victimes civiles augmente, notamment une frappe aérienne sur un immeuble résidentiel à Kfar Roummane qui a tué 11 membres d'une même famille. Compte tenu des contraintes politiques intérieures du Premier ministre Netanyahou — à savoir le fardeau de son procès pour corruption et la pression de ses partenaires de coalition d'extrême droite — et du dilemme de l'Iran entre le respect de l'accord de juin et la protection du Hezbollah, l'expansion des frappes aériennes est susceptible d'être une tendance structurellement persistante plutôt qu'une phase temporaire. La trajectoire future la plus probable est la « normalisation des frappes aériennes de faible intensité » (probabilité de 55 %), tandis que la probabilité d'un retour à une impasse après la sécurisation de la crête est limitée (probabilité de 20 %). Bien que l'exposition directe des entreprises sud-coréennes au Liban soit minime, les risques indirects pour les routes aériennes et maritimes de la Méditerranée orientale et les projets énergétiques devraient être gérés comme un facteur constant tout au long du mandat de l'administration actuelle.
I. Analyse de la situation
Frappes aériennes israéliennes à grande échelle sur le Liban et ciblage des infrastructures du Hezbollah : une analyse de la situation
1. Contexte et développements
La crête d'Ali Taher, dans la région de Nabatieh au sud du Liban, est connue pour être une plaque tournante essentielle du réseau de tunnels souterrains du Hezbollah. L'armée israélienne soutient depuis longtemps que cette crête a été conçue pour servir de base avancée en vue d'une invasion de la Galilée [13]. Même après l'accord de cessez-le-feu de juin 2026, cette zone est restée un point de friction majeur dans le conflit entre Israël et le Hezbollah.
L'Iran a déployé des efforts diplomatiques considérables pour inclure le Liban dans l'accord de cessez-le-feu de juin, dans le but de protéger le Hezbollah des frappes aériennes israéliennes continues [2]. Cependant, cet accord reposait dès le départ sur des fondations instables. Face à la forte probabilité d'une reprise des attaques israéliennes contre le Hezbollah, Téhéran s'est retrouvé face à un dilemme : risquer l'effondrement de son accord avec les États-Unis ou risquer d'être perçu comme un spectateur passif [2].
Cette dynamique s'inscrit dans le prolongement du schéma d'escalade multifront qui s'est dessiné depuis le déclenchement de la guerre de Gaza en octobre 2023. Israël a étendu ses opérations militaires à six pays, incluant non seulement la bande de Gaza, mais aussi le Liban, la Syrie, l'Irak, le Yémen, le Qatar et l'Iran [6]. Les analyses locales ont suggéré à plusieurs reprises que le Premier ministre Netanyahou a maintenu une ligne dure sous la pression de son procès pour corruption et de ses partenaires de coalition d'extrême droite [6][8].
2. Situation actuelle
Le 10 septembre, l'armée israélienne a annoncé avoir détruit le réseau de tunnels souterrains du Hezbollah sur la crête d'Ali Taher. L'explosion a été suffisamment puissante pour générer des ondes de choc équivalentes à un séisme de magnitude 4,1 [1][4]. Le média israélien Ynet a rapporté que plus de 1 100 tonnes d'explosifs ont été utilisées pour la démolition [12][15]. Le Premier ministre Netanyahou et le ministre de la Défense Israel Katz ont confirmé dans une déclaration commune avoir détruit le complexe souterrain du Hezbollah sur la crête [9][10].
Quelques heures après avoir annoncé le contrôle de la crête, l'armée israélienne a étendu ses frappes aériennes à des zones situées en dehors de la soi-disant « zone de sécurité ». Les frappes ont touché cinq zones du sud du Liban, dont Nabatieh, et ont atteint la région de la Bekaa occidentale pour la première fois depuis juin [7]. Selon les chiffres du ministère libanais de la Santé, ces frappes ont tué cinq personnes et en ont blessé 24. Dans le district de Nabatieh, deux personnes circulant à moto ont été tuées dans une frappe aérienne [7].
Les frappes aériennes se sont poursuivies par la suite. L'armée israélienne a bombardé Fawqa à Nabatieh à deux reprises, ciblant une zone boisée séparant les collines d'Ali Taher de la ville [1]. Les villes côtières de Mansouri et Wadi Zibqin, ainsi que la région de Khiam (Marjayoun), ont également été touchées [1]. Le 7 septembre, une frappe aérienne sur un immeuble résidentiel à Kfar Roummane a tué 11 personnes, dont des femmes et des enfants. La plupart étaient membres de la même famille [11]. Le ministère libanais de la Santé a déclaré que 13 personnes avaient été tuées au cours des seules frappes aériennes de cette journée [14].
3. Analyse des acteurs clés
Les Forces de défense israéliennes (FDI) et le gouvernement Netanyahou présentent la prise de la crête d'Ali Taher comme leur plus grande réussite depuis le cessez-le-feu, sous prétexte de neutraliser le quartier général de commandement et les infrastructures terroristes du Hezbollah [13]. Parallèlement, les FDI déclarent publiquement leur intention de poursuivre les frappes ciblées contre le Hezbollah malgré le cessez-le-feu, invoquant ce qu'elles qualifient de violations répétées des termes du cessez-le-feu par le Hezbollah [11][14].
Le Hezbollah n'a publié aucune déclaration officielle concernant la menace que représentent ces frappes aériennes [14]. Il n'a pas non plus publié de réponse distincte à la récente escalade. Cela suggère que la capacité de réponse du Hezbollah est elle-même limitée suite au revers militaire que constitue la perte d'Ali Taher.
Le gouvernement libanais, par l'intermédiaire du bureau du président Aoun, a exprimé son inquiétude face aux frappes aériennes, qui ont causé un nombre concentré de victimes civiles [16]. Le ministère libanais de la Santé continue de publier des bilans de victimes, soulignant le coût humanitaire des frappes [7][14]. Cependant, le gouvernement libanais ne dispose pas des moyens militaires ou diplomatiques viables pour mettre un terme efficace aux frappes aériennes israéliennes en cours.
L'Iran a cherché à obtenir un bouclier protecteur pour le Hezbollah par le biais du cessez-le-feu de juin, mais la reprise des frappes aériennes par Israël a mis à l'épreuve l'efficacité de cette stratégie [2]. Il reste incertain si Téhéran interviendra, au risque de compromettre son accord avec les États-Unis, ou s'il adoptera une posture de spectateur [2].
4. Enjeux clés
Le premier enjeu est l'efficacité de l'accord de cessez-le-feu de juin. Israël justifie la poursuite de ses frappes contre le Hezbollah comme des « réponses aux violations », ce qui en fait une caractéristique constante [11][14]. Le fait que le texte de l'accord lui-même autorise un certain degré de droit de frappe préventive pour Israël, ou qu'Israël élargisse unilatéralement son interprétation, sera probablement un indicateur clé de la viabilité future de l'accord.
Le deuxième enjeu est l'expansion géographique des frappes aériennes. Le fait que la portée des frappes se soit élargie pour inclure la Bekaa occidentale en plus des zones de conflit existantes comme Nabatieh [7] soutient l'interprétation selon laquelle Israël étend de fait son concept de « zone de sécurité ». Cela constitue une contrainte directe sur le contrôle territorial souverain du gouvernement libanais.
Le troisième enjeu concerne les implications politiques de l'accumulation des victimes civiles. Le cas de la frappe aérienne de Kfar Roummane, où plusieurs membres d'une même famille, y compris des femmes et des enfants, ont été tués [11], a le potentiel d'enflammer le sentiment anti-israélien au Liban. Même dans la phase actuelle où le Hezbollah s'abstient de toute réponse publique, si le nombre de victimes civiles continue d'augmenter, on ne peut exclure la possibilité que des justifications pour le réarmement du Hezbollah ou des pressions en faveur d'une intervention iranienne ne réapparaissent.
II. Analyse approfondie
Frappes aériennes israéliennes à grande échelle sur le Liban et ciblage des infrastructures du Hezbollah : une analyse approfondie
1. Analyse des causes profondes
La justification apparente de la situation actuelle est le réseau de tunnels souterrains sur la crête d'Ali Taher, que l'armée israélienne prétend avoir été conçu comme une base avancée pour une invasion de la Galilée [13]. Cependant, la cause profonde réside dans les failles structurelles de l'accord de cessez-le-feu de juin 2026 lui-même. Cet accord a été conclu sans garantir explicitement le désarmement du Hezbollah. Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, Israël a publiquement maintenu sa position de poursuivre les frappes ciblées sous prétexte de répondre aux « violations répétées » du Hezbollah [14].
Le mode d'intervention de l'Iran est une autre dimension de la cause profonde. Téhéran a investi des ressources diplomatiques considérables pour inclure le Liban dans le cessez-le-feu de juin, dans le but de protéger le Hezbollah des frappes aériennes israéliennes continues [2]. Cependant, cette intervention s'est avérée être une demi-mesure. L'Iran est piégé dans une structure qui le contraint à choisir entre le risque de voir son accord avec les États-Unis s'effondrer et celui d'être perçu comme un spectateur passif [2]. Ce dilemme s'est solidifié en un schéma récurrent à chaque fois qu'Israël lance de nouvelles attaques.
L'absence de réponse du Hezbollah est également remarquable. Al-Monitor rapporte que le Hezbollah n'a publié aucun commentaire officiel sur les récentes menaces d'escalade ou l'intensification des frappes aériennes [14]. Cela peut être interprété de deux manières : soit sa capacité organisationnelle a été considérablement affaiblie, soit il a délibérément choisi le silence conformément à la stratégie d'endiguement de l'Iran.
2. Contexte structurel
Structure politique : l'incitation de Netanyahou à l'escalade
La politique intérieure israélienne est une variable clé expliquant l'intensité et le calendrier de ces frappes aériennes. Le Premier ministre Netanyahou fait face à la double contrainte de son procès pour corruption et du pouvoir de veto de ses partenaires de coalition d'extrême droite comme Ben-Gvir et Smotrich [6]. Si la guerre devait se terminer prématurément, il devrait immédiatement rendre des comptes pour ne pas avoir empêché la catastrophe du 7 octobre 2023 [6][8]. L'annonce publique présentant la prise de la crête d'Ali Taher comme la « plus grande réussite depuis le cessez-le-feu » n'est pas sans rapport avec ces besoins politiques intérieurs [9][10]. Le fait que Netanyahou et le ministre de la Défense Katz aient publié une déclaration commune pour annoncer cette réussite suggère aussi fortement un exercice de gestion du message politique.
Structure sécuritaire : l'expansion du concept de « zone de sécurité »
Immédiatement après avoir annoncé la prise de la crête, l'armée israélienne a étendu ses frappes aériennes à des zones situées en dehors de la soi-disant « zone de sécurité » [7]. Cela démontre que le régime de cessez-le-feu lui-même repose sur le concept d'une zone tampon définie unilatéralement par Israël. Les limites de cette zone de sécurité ne sont pas fixées par la négociation mais sont réinterprétées de manière flexible en fonction des besoins opérationnels de l'armée israélienne. L'extension de la portée des frappes à la région de la Bekaa occidentale pour la première fois depuis juin est un cas qui démontre cette flexibilité [7].
Structure économique et humanitaire : l'accumulation des victimes civiles
La frappe aérienne sur un immeuble résidentiel à Kfar Roummane a tué 11 personnes, dont des femmes et des enfants, la plupart membres de la même famille [11]. Dans le district de Nabatieh, deux personnes à moto ont été tuées dans une frappe ciblée [7]. Le ministère libanais de la Santé a dénombré 13 morts pour la seule journée du 7 septembre [14]. Ce schéma de victimes suggère que les frappes israéliennes ne se limitent pas à des installations purement militaires. Le gouvernement libanais est piégé dans une structure où le bilan humanitaire s'alourdit alors qu'il ne dispose ni du capital politique pour désarmer le Hezbollah, ni des moyens militaires pour dissuader les frappes aériennes israéliennes.
3. Précédents historiques et cas comparatifs
La situation actuelle est une répétition du schéma qui s'est déroulé après l'opération terrestre d'Israël au Liban en octobre 2024. À cette époque, l'Iran avait lancé environ 200 missiles balistiques sur des cibles militaires israéliennes, et quelques semaines plus tard, l'armée de l'air israélienne avait frappé les réseaux de défense aérienne et les installations de production de missiles de l'Iran. Il s'agissait de l'attaque la plus massive que l'Iran ait subie de la part d'un État ennemi depuis la fin de la guerre Iran-Irak [5]. En d'autres termes, il existe déjà un précédent où des frappes localisées contre un mandataire ont dégénéré en frappes directes sur le territoire iranien.
Une comparaison avec le cadre de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies de 2006 est également pertinente. En vertu de cette résolution, Israël exige depuis longtemps le retrait du Hezbollah de la zone frontalière entre Israël et le Liban [8]. Cependant, depuis près de 20 ans, la résolution n'a pas réussi à garantir efficacement le désarmement du Hezbollah. Étant donné que l'accord de cessez-le-feu de juin 2026 présente des limitations structurelles similaires, la possibilité que l'échec de la résolution 1701 se répète ne peut être exclue.
Il existe également des similitudes structurelles avec les tensions simultanées entre Israël et la Turquie en Syrie. En Syrie, suite à l'effondrement du régime d'Assad, Israël et la Turquie sont en compétition pour établir leurs sphères d'influence respectives dans le vide sécuritaire [3]. Israël a également maintenu une politique de frappes préventives en Syrie, qualifiant le nouveau gouvernement de djihadiste [3]. Un fil conducteur observé sur les fronts libanais et syrien est le refus d'Israël d'accepter les efforts de consolidation politique ou de reconstruction de l'autre partie comme un fait accompli, adoptant plutôt une approche de remodelage continu du statu quo par la supériorité militaire.
4. Variables clés influençant les développements futurs
Premièrement, le choix de l'Iran. Le fait que Téhéran tolère de nouvelles attaques israéliennes contre le Hezbollah pour préserver son accord avec les États-Unis, ou qu'il risque l'effondrement de l'accord en intervenant, constitue un tournant critique qui déterminera l'escalade future [2].
Deuxièmement, le calendrier politique intérieur de Netanyahou. Il est très probable que la fréquence et l'intensité des frappes aériennes seront influencées par l'avancement de son procès pour corruption et le degré de pression de ses partenaires de coalition d'extrême droite [6]. Il a déjà été observé qu'à l'approche des élections générales prévues pour le 27 octobre, les discussions sur la fin de la guerre sont susceptibles de disparaître entièrement [6].
Troisièmement, la capacité de réponse du gouvernement libanais. Bien que le bureau du président Aoun ait publié une déclaration sur les frappes aériennes [16], son contrôle effectif sur le Hezbollah et ses capacités de dissuasion contre Israël sont limités. La capacité et la volonté des Forces armées libanaises de démanteler par elles-mêmes les infrastructures restantes du Hezbollah seront un facteur clé pour déterminer la pérennité du régime de cessez-le-feu.
Quatrièmement, le rythme d'expansion du concept de « zone de sécurité ». Si l'armée israélienne continue d'étendre ses opérations à des zones situées au-delà de sa portée de frappe antérieure, comme la Bekaa occidentale, le cessez-le-feu deviendra de fait sans objet, et la probabilité d'un retour à un état de guerre de faible intensité augmentera [7].
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Connectez-vous pour continuer la lecture*Ce texte est une traduction par IA d'un original rédigé en coréen. Certaines traductions ou nuances peuvent être inexactes.
Ce rapport est une analyse approfondie conçue par un chercheur de l'EAI, fondée sur une recherche rigoureuse assistée par IA et finalisée par le chercheur de l'EAI.