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Guerre totale Iran-Israël-États-Unis et crise du blocus du détroit d'Ormuz : stratégies de réponse pour les entreprises coréennes

Catégorie
Observation Actuelle
Publié le
4 août 2026
Illustration

[Ceci est un rapport destiné à tester le processus d'examen d'approbation des demandes de communiqués de presse.]

Résumé général

Depuis le décès de Khamenei en février 2026, le report de la restructuration de la direction iranienne a entraîné une impasse structurelle marquée par la répétition d'une déclaration de fin de guerre en juin et d'une reprise des combats en juillet. L'Arabie saoudite s'est engagée pour la première fois dans le conflit en frappant conjointement avec les forces américaines des milices affiliées à l'Iran, tandis qu'un port égyptien a subi une attaque de drone, signe que l'affrontement s'étend au-delà du Golfe. Le Koweït, dépourvu de route alternative au détroit d'Ormuz, subit un impact direct à chaque nouvelle perturbation du trafic maritime, alors que l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis peuvent répartir le risque grâce à des oléoducs de contournement via la mer Rouge, ce qui impose des réponses différenciées selon les pays producteurs de pétrole. La baisse de la part des importations de pétrole du Golfe dans la consommation américaine, désormais à 8 %, affaiblit la motivation de Washington à s'engager dans la défense du détroit, tandis qu'une coalition maritime multilatérale menée par l'Arabie saoudite émerge comme un nouvel axe sécuritaire. Plutôt qu'une restructuration globale de leurs chaînes d'approvisionnement, les entreprises coréennes doivent adopter une stratégie de préparation conditionnelle consistant à concevoir à l'avance des niveaux de réponse selon des points de déclenchement précis, tout en menant de front la diversification des sources d'approvisionnement, la couverture des taux de fret maritime et l'examen d'une participation à une coopération sécuritaire multilatérale.

I. Analyse de la situation

Intensification de la guerre totale Iran-Israël-États-Unis et crise du détroit d'Ormuz : analyse de la situation

1. Contexte et évolution de la question

La situation actuelle trouve son origine dans le raid conjoint américano-israélien du 28 février 2026. Le jour même du déclenchement de la guerre, le bombardement de Téhéran a entraîné la mort du guide suprême iranien Khamenei [5]. En l'absence d'interlocuteur pour les négociations, la restructuration de la direction iranienne a été retardée. Un schéma d'impasse prolongée entrecoupée de reprises intermittentes s'est poursuivi pendant près de cinq mois.

En juin 2026, le président Trump avait officiellement déclaré la fin de la guerre et la réouverture du détroit d'Ormuz [2]. Cependant, ce cessez-le-feu n'a été que de courte durée. Le 29 juillet, les forces conjointes américano-saoudiennes ont frappé des milices affiliées à l'Iran en Irak [1][11]. Cette action a été présentée comme une mesure de rétorsion en réponse à une attaque récente [1]. L'Iran a réagi immédiatement en menant une attaque de missiles contre une base militaire américaine en Jordanie [15]. Dans ce contexte, le Commandement central américain (CENTCOM) a indiqué que les Gardiens de la révolution islamique (IRGC) avaient tiré plusieurs missiles balistiques visant la base américaine [16]. L'armée américaine a annoncé avoir intercepté l'ensemble de ces missiles [16].

Du point de vue iranien, cette phase revêt un caractère principalement défensif. Le Tehran Times rapporte que des hauts responsables du Conseil suprême de sécurité nationale (SNSC) iranien, l'état-major militaire et les conseillers du guide suprême ont multiplié les déclarations d'avertissement au cours des deux derniers jours [7]. Selon ces déclarations, si les actions militaires américaines ou l'ingérence dans le détroit d'Ormuz se poursuivent, des représailles plus étendues suivront [7]. Les autorités iraniennes présentent cela comme un avertissement visant à prévenir l'escalade, mais dans les faits, cela s'interprète comme une intention d'utiliser le contrôle du trafic dans le détroit comme un levier de négociation [7].

2. Situation actuelle

À partir du 30 juillet, l'extension régionale du conflit s'est nettement accentuée. L'Arabie saoudite a reconnu son intervention directe pour la première fois dans la guerre en participant conjointement avec les forces américaines à la frappe contre les milices affiliées à l'Iran en Irak [11][15]. Au même moment, les autorités égyptiennes ont annoncé que des installations portuaires avaient subi une explosion présumée être le résultat d'une attaque de drone [9][11]. C'est la première fois depuis le début de la guerre que l'Égypte confirme officiellement avoir été attaquée [11].

L'armée américaine a annoncé avoir mené des frappes de représailles « puissantes » (powerful) contre des installations des IRGC [9]. Le président Trump a annoncé de nouvelles frappes contre l'Iran [1][14]. Le média turc Dünya a rapporté que le prix du Brent avait bondi d'environ 7 % après les déclarations fermes de Trump, franchissant à nouveau la barre des 90 dollars le baril [14]. Selon cette analyse, l'attaque de missiles contre la base militaire américaine en Jordanie a été le déclencheur direct de la hausse des prix du pétrole [14].

Parmi les pays producteurs de pétrole du Golfe, le Koweït subit l'impact le plus structurel. Le Middle East Economic Digest (MEED) désigne le Koweït comme l'un des pays les plus dépendants au monde du transport pétrolier via le détroit d'Ormuz [3]. Contrairement à l'Arabie saoudite ou aux Émirats arabes unis, le Koweït ne dispose pas de littoral alternatif lui permettant d'exporter du pétrole en dehors des eaux du Golfe [3]. Selon ce média, le blocage sévère de la logistique transitant par le détroit d'Ormuz se poursuit depuis les attaques américano-israéliennes contre l'Iran du 28 février [3].

L'Arabie saoudite fait également face à une menace distincte. Gulf News rapporte que l'Arabie saoudite a formé une coalition de défense maritime visant à assurer la sécurité de navigation dans le détroit de Bab-el-Mandeb [9]. Cette mesure répond à la déclaration de blocus maritime des Houthis yéménites contre l'Arabie saoudite, ainsi qu'à leurs revendications d'attaques contre des pétroliers saoudiens en mer Rouge et contre les infrastructures pétrolières du Royaume [9]. Ainsi, l'Arabie saoudite se trouve exposée simultanément à une menace provenant du détroit d'Ormuz et à une menace provenant de la mer Rouge, dans une situation de double front.

3. Principaux acteurs et positions

L'Iran affirme clairement sa disposition à accepter l'escalade face aux actions militaires américaines et à l'ingérence dans le détroit d'Ormuz. Le SNSC et l'état-major militaire ont déclaré que si de nouvelles attaques menées par les États-Unis se produisaient, des représailles plus étendues suivraient [7]. Pour l'Iran, le contrôle du détroit d'Ormuz constitue un atout essentiel pour maintenir son pouvoir de négociation. Le média omanais Times of Oman a cité un article d'Axios selon lequel l'administration Trump envisagerait des frappes contre les infrastructures énergétiques iraniennes afin de contraindre Téhéran à accepter les conditions d'un cessez-le-feu [13]. Dans ce cas, le niveau de réponse de l'Iran risque de s'intensifier considérablement.

Les États-Unis poursuivent leurs frappes de représailles visant les installations des IRGC et les milices affiliées à l'Iran [1][9]. Le président Trump a publiquement annoncé une réponse ferme envers l'Iran [1][14]. Toutefois, la motivation américaine à s'engager au Moyen-Orient repose désormais sur des conditions structurelles différentes de celles du passé. Selon une analyse de l'EAI, à la suite de la révolution du gaz de schiste, la part des importations de pétrole du Golfe dans les importations américaines a chuté de 25 % en 2014 à environ 8 % en 2025 [12]. Cette évolution suggère un affaiblissement de « la motivation économique directe des États-Unis à protéger le détroit d'Ormuz » [12]. Par ailleurs, si le blocus du détroit d'Ormuz ravive l'inflation aux États-Unis, la pression politique intérieure s'accroîtra, ce qui pourrait faire de l'amélioration de l'autosuffisance énergétique un « facteur incitant à un retour anticipé à la négociation » plutôt qu'un renforcement de la patience stratégique [12].

Israël maintient un état d'alerte maximal, partant du principe d'une confrontation prolongée avec l'Iran. Dans un entretien avec Haaretz, le Premier ministre Netanyahu a prédit que le détroit d'Ormuz perdrait son levier stratégique sur les marchés de l'énergie une fois le conflit avec l'Iran terminé [4]. Il a évoqué le transfert des pipelines énergétiques vers un itinéraire passant par la mer Rouge jusqu'à Israël, via la Méditerranée, au lieu du détroit [4]. Cette déclaration semble révéler l'intention stratégique d'Israël de développer l'axe mer Rouge-Méditerranée comme voie énergétique alternative.

L'Arabie saoudite est devenue pour la première fois partie prenante à la guerre en participant conjointement avec les forces américaines aux frappes contre les milices en Irak [11][15]. Parallèlement, sur l'axe mer Rouge-Bab-el-Mandeb, elle a pris l'initiative de former une coalition maritime multilatérale face à la déclaration de blocus maritime des Houthis [9]. L'analyse de l'EAI note que cette coalition a été proposée en vue d'un élargissement de 14 à 43 pays, ce qui est évalué comme une tentative de construction d'un système de sécurité multilatéral autonome, cherchant à s'affranchir de la dépendance envers le parapluie sécuritaire américain [5]. L'Arabie saoudite doit gérer des risques auxquels elle est exposée simultanément dans le détroit d'Ormuz et en mer Rouge.

Le Koweït, en tant que pays structurellement vulnérable dépourvu de route alternative, figure parmi les plus grands perdants de cette crise [3]. En tant qu'acteur politique, sa marge de manœuvre pour s'impliquer dans l'escalade est limitée, mais si le blocage du détroit se prolonge, ses exportations pétrolières se trouveront fondamentalement contraintes [3].

L'Égypte s'est retrouvée intégrée, contre son gré, dans la dynamique d'escalade, en reconnaissant pour la première fois depuis le début de la guerre que son territoire avait été attaqué [9][11]. Les auteurs de l'explosion des installations portuaires n'ont pas encore été identifiés, mais le fait même que l'Égypte, qui gère le canal de Suez, ait subi des dommages physiques, alimente les inquiétudes quant à la stabilité de l'axe mer Rouge-Suez.

4. Enjeux clés

Le premier enjeu concerne la crédibilité de la continuité de l'engagement américain. On observe un diagnostic selon lequel les États-Unis, devenus plus autosuffisants en énergie, ont structurellement moins de raisons d'investir des ressources dans la défense du détroit d'Ormuz au niveau observé dans le passé [12]. Cela pourrait accentuer la pression exercée sur les alliés pour qu'ils assument une plus grande part du fardeau [12].

Le deuxième enjeu réside dans les différences de niveau d'exposition entre les pays producteurs de pétrole du Golfe. L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis disposent d'un littoral alternatif en dehors du Golfe, ce qui n'est pas le cas du Koweït [3]. Cette asymétrie pourrait engendrer des divergences d'intérêts quant aux priorités de réponse à la crise, même au sein des pays producteurs de pétrole.

Le troisième enjeu est l'instabilité concomitante d'axes autres que le détroit d'Ormuz. Les menaces des Houthis en mer Rouge et à Bab-el-Mandeb, ainsi que les dommages subis par les ports égyptiens, montrent que le risque lié à Ormuz ne se limite plus à un point d'étranglement unique, mais se transforme en une crise complexe du transport maritime [9][11].

Le quatrième enjeu concerne la faisabilité du projet israélien de « sortie du détroit d'Ormuz ». Les propos de Netanyahu sur un itinéraire alternatif via un pipeline mer Rouge-Méditerranée [4] traduisent une intention de réduire à long terme la valeur stratégique du détroit, mais à ce stade, il s'agit surtout, selon l'évaluation dominante, d'une rhétorique politique. À court terme, les pays producteurs de pétrole du Golfe ne disposent pas des infrastructures physiques nécessaires pour dépendre de cet itinéraire.

II. Analyse approfondie de la question

Intensification de la guerre totale Iran-Israël-États-Unis et crise du détroit d'Ormuz : analyse approfondie

1. Analyse des causes fondamentales

La racine de cette escalade réside dans le vide de pouvoir survenu en Iran après la mort de Khamenei lors du bombardement du 28 février [5]. L'absence d'un décideur suprême capable de s'asseoir à la table des négociations s'est prolongée pendant plus de cinq mois. L'administration Trump avait promis dès le début du conflit une fin de guerre « en quatre à cinq semaines », mais ce jugement a sous-estimé la variable politique que représente la restructuration de la direction iranienne [5]. Le rapport de l'EAI qualifie cette situation de « limitation structurelle liée à l'absence d'interlocuteur pour les négociations » [5]. Dans un contexte où le canal de négociation est bloqué, la pression militaire reste le seul moyen de communication disponible. La déclaration de fin de guerre du président Trump et l'annonce de réouverture du détroit d'Ormuz en juin n'ont fait que masquer temporairement ce problème structurel, sans le résoudre [2]. La reprise des hostilités le 29 juillet apparaît comme un résultat pratiquement inévitable.

Du côté iranien, cette phase est présentée comme étant de nature défensive, mais dans les faits, on y perçoit l'intention d'utiliser le droit de passage dans le détroit comme un levier de négociation. Les avertissements du Conseil suprême de sécurité nationale (SNSC) et de l'état-major militaire relayés par le Tehran Times indiquent que « si les actions militaires américaines ou l'ingérence dans le détroit d'Ormuz se poursuivent, des représailles plus étendues suivront » [7]. Cela reflète la perception de Téhéran, qui considère le détroit non pas comme un objet de menace de blocus, mais comme une carte de négociation que l'Iran détient. C'est dans ce contexte que le Premier ministre Netanyahu a déclaré que « le détroit perdra son levier sur les marchés de l'énergie une fois la guerre terminée » [4]. Israël exprime publiquement l'intention de neutraliser cet avantage géographique iranien en construisant un pipeline de contournement passant par la mer Rouge et la Méditerranée [4].

2. Contexte structurel

Structure politique : fissures dans l'alliance et multilatéralisation

Le désaccord entre les objectifs stratégiques des États-Unis et d'Israël constitue le contexte politique de cette crise [5]. Washington souhaite la dénucléarisation de l'Iran et une fin rapide de la guerre, tandis qu'Israël vise l'affaiblissement militaire du régime iranien lui-même. Cet écart a poussé l'Arabie saoudite à agir de manière autonome. Le 29 juillet, l'Arabie saoudite a reconnu pour la première fois son implication directe dans la guerre en frappant conjointement avec les forces américaines des milices affiliées à l'Iran en Irak [9][11][15]. Simultanément, en réponse aux attaques des Houthis contre des pétroliers saoudiens et à leur déclaration de blocus maritime, elle a formé une coalition de défense maritime visant à assurer la sécurité de navigation dans le détroit de Bab-el-Mandeb [9]. L'analyse de l'EAI indique que cette coalition a été proposée en vue d'un élargissement « de 14 à 43 pays », ce qui est évalué comme « une tentative de construction d'un système de sécurité multilatéral autonome, s'affranchissant de la dépendance envers le parapluie sécuritaire américain » [5].

Structure économique : autosuffisance énergétique américaine et transfert du fardeau

La motivation économique directe des États-Unis à défendre le détroit d'Ormuz s'est considérablement affaiblie par rapport au passé. Selon le rapport de l'EAI, la part des importations de pétrole du Golfe dans les importations américaines a chuté de 25 % en 2014 à environ 8 % en 2025, et depuis 2020, les États-Unis sont devenus exportateurs nets d'énergie [12]. Cette structure génère simultanément deux forces contradictoires. D'une part, la légitimité politique intérieure de la protection du détroit s'affaiblissant, les États-Unis sont davantage incités à transférer le fardeau vers leurs alliés [12]. D'autre part, la flambée des prix du pétrole provoquée par un blocus du détroit d'Ormuz raviverait l'inflation américaine, ce qui se traduirait par une pression politique intérieure [12]. L'EAI analyse cette situation en indiquant que « l'amélioration de l'autosuffisance énergétique n'agit pas comme un renforcement de la patience stratégique, mais plutôt comme un facteur favorisant un retour anticipé à la négociation » [12]. En effet, l'article d'Axios selon lequel le président Trump envisagerait des frappes supplémentaires contre les installations énergétiques iraniennes s'inscrit précisément dans cette dynamique de pression [13]. Il s'agit en somme d'envisager des frappes contre des installations énergétiques comme moyen de pression pour parvenir à un accord de cessez-le-feu, ce qui montre que l'action militaire est étroitement liée à la nécessité économique de conclure rapidement les négociations.

Structure sécuritaire : vulnérabilité maritime asymétrique

Le degré d'exposition maritime des pays producteurs de pétrole du Golfe n'est pas uniforme. Le Koweït, ne disposant pas de littoral alternatif en dehors des eaux du Golfe, est cité comme l'un des pays les plus dépendants au monde du détroit d'Ormuz [3]. En revanche, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis disposent en partie d'infrastructures permettant un contournement via la mer Rouge ou la mer d'Oman [3]. Cette asymétrie différencie les modes de réponse des pays producteurs de pétrole du Golfe. Alors que le Koweït est exposé passivement au risque lié au détroit, l'Arabie saoudite dispose de la marge de manœuvre nécessaire pour recourir à une réponse active, telle que la formation d'une coalition de défense maritime [9]. La Fondation Carnegie pour la paix internationale souligne que les répercussions de cette crise ne se limitent pas à la région du Golfe. Selon son diagnostic, des pays du Maghreb tels que le Maroc et l'Algérie doivent également gérer les chocs économiques mondiaux causés par le blocus du détroit [6].

3. Comparaison avec des précédents historiques

Le précédent le plus proche de la situation actuelle est le conflit américano-iranien du premier semestre 2025. Le rapport de l'EAI retrace ce processus : « les tensions entre les États-Unis et l'Iran se sont intensifiées début 2025 pour dégénérer en affrontement militaire, et après environ quatre mois de conflit, le président Trump a officiellement déclaré en juin 2026 la fin de la guerre avec l'Iran et la réouverture du détroit d'Ormuz » [2]. À l'époque également, l'instabilité simultanée de trois points d'étranglement — mer Rouge, Ormuz et Malacca — avait fait franchir au Brent la barre des 100 dollars le baril [2]. La leçon de ce précédent est claire : une déclaration de fin de guerre ne signifie pas la résolution structurelle du risque lié à la navigation. Le fait qu'une reprise des hostilités se soit produite le 29 juillet, à peine un mois après l'annonce de réouverture de juin 2026, en est la confirmation [2][1].

Dans une perspective encore plus large, la « guerre des pétroliers » (Tanker War) survenue pendant la guerre Iran-Irak dans les années 1980 présente une similitude structurelle. À l'époque également, les pétroliers des pays producteurs de pétrole du Golfe étaient devenus des cibles d'attaques, et les États-Unis avaient intensifié leur niveau d'intervention en menant des opérations d'escorte. Toutefois, la différence décisive avec la situation actuelle réside dans la structure des intérêts américains. Dans les années 1980, les États-Unis, fortement dépendants du pétrole du Golfe, avaient une motivation économique directe à stabiliser le détroit. Aujourd'hui, avec une part d'importations pétrolières tombée à environ 8 % [12], l'intervention américaine se caractérise davantage par une intensité et une continuité militaires largement conditionnées par le calcul de crédibilité vis-à-vis des alliés.

4. Variables clés de l'évolution de la question

La première variable est l'achèvement ou non de la restructuration de la direction iranienne. L'EAI estime que « la probabilité d'une reprise progressive des négociations (15 à 20 %) augmentera dès que l'élection de la nouvelle direction iranienne et les résultats de la médiation pakistanaise seront confirmés » [5]. Tant que l'interlocuteur des négociations ne sera pas clairement identifié, il est probable que l'échange de signaux militaires continue de faire office de substitut à la négociation.

La deuxième variable est l'ampleur géographique de l'escalade. La reconnaissance par l'Arabie saoudite de son intervention directe et l'attaque du port égyptien montrent que le front du conflit s'étend à l'ensemble des pays riverains du Golfe [9][11][15]. L'EAI présente comme scénario le plus probable une « impasse prolongée entrecoupée de reprises intermittentes (45 à 50 %) », et identifie comme itinéraire clé une escalade qui « s'étend à l'ensemble des pays riverains du Golfe tels que la Jordanie, le Koweït et l'Égypte » [5].

La troisième variable est l'efficacité réelle du système de sécurité multilatéral mené par l'Arabie saoudite. Si la coalition de défense maritime, dont l'élargissement à 43 pays a été proposé [5][9], fonctionne effectivement, malgré la pression américaine visant à transférer le fardeau sécuritaire, l'entité responsable de la gestion de la sécurité maritime du Golfe pourrait passer d'une gestion unilatérale américaine à une gestion conjointe américano-saoudienne. L'EAI exprime cela comme « une possibilité de restructuration sous la forme d'une 'gestion conjointe américano-saoudienne' » [5].

La quatrième variable est la sensibilité de la politique intérieure américaine à l'inflation. Si le prix du pétrole dépasse 90 dollars le baril et rentre dans la fourchette des 100 dollars [14][2], la capacité de l'administration Trump à maintenir sa ligne de pression militaire sera mise à l'épreuve. Le moment où l'incitation à un « retour anticipé à la négociation » [12], générée par la structure d'autosuffisance énergétique, se traduira réellement dans les décisions politiques, constituera probablement un point de bascule dans l'évolution future de la situation.

III. Analyse des scénarios

Intensification de la guerre totale Iran-Israël-États-Unis : analyse des scénarios

1. Scénario optimiste (probabilité de 15 à 20 %)

Il s'agit du cas où l'élection de la nouvelle direction iranienne est finalisée rapidement [5]. La question clé réside dans l'ajustement du pouvoir entre les factions favorables à la négociation et les factions dures au sein du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, après la mort de Khamenei [5][7]. Le rapport de l'EAI diagnostique que la réalisation de cet itinéraire dépend de la condition suivante : « la probabilité de réalisation augmentera dès que l'élection de la nouvelle direction iranienne et les résultats de la médiation pakistanaise seront confirmés » [5].

Les propos du Premier ministre Netanyahu s'inscrivent également dans ce scénario. Il a prédit que si le conflit avec l'Iran prenait fin, le détroit d'Ormuz perdrait son levier géopolitique sur les marchés de l'énergie [4]. L'idée consiste à transférer les pipelines énergétiques vers un itinéraire passant par la mer Rouge et la Méditerranée, en dehors du détroit [4]. Cela suggère que le gouvernement israélien envisage une orientation politique visant à réduire structurellement la dépendance au détroit après la fin de la guerre.

Si cet itinéraire se concrétise, le Brent pourrait effacer sa hausse et se stabiliser dans la fourchette des 70 dollars. Toutefois, dans la mesure où le SNSC et l'état-major militaire iranien déclarent que « si les actions militaires américaines ou l'ingérence dans le détroit d'Ormuz se poursuivent, des représailles plus étendues suivront » [7], on estime que le marché continuera de refléter le risque lié aux négociations dans les prix pendant une période considérable, jusqu'à ce qu'un accord soit conclu.

2. Scénario de base (probabilité de 45 à 50 %)

Il s'agit d'un itinéraire caractérisé par une impasse prolongée entrecoupée de reprises intermittentes [5]. C'est la prévision la plus probable selon l'analyse actuelle de l'EAI, et le schéma observé — déclaration de cessez-le-feu en juin suivie d'une reprise des hostilités en juillet — le confirme [2][5]. Tant que la limitation structurelle liée à l'absence d'interlocuteur pour les négociations persistera, il est probable que l'escalade et l'accalmie se répètent de manière périodique [5].

Dans cette phase, l'Arabie saoudite concrétise ses mouvements autonomes visant à s'affranchir de la dépendance envers le parapluie sécuritaire américain. Elle a annoncé la formation d'une coalition de défense maritime visant à assurer la sécurité de navigation dans le détroit de Bab-el-Mandeb [9]. Cette mesure répond aux déclarations de blocus maritime des Houthis contre l'Arabie saoudite, ainsi qu'à leurs attaques contre des pétroliers saoudiens et des installations pétrolières [9]. Le rapport de l'EAI indique que cette coalition a été proposée en vue d'un élargissement « de 14 à 43 pays », qu'il qualifie de « tentative de construction d'un système de sécurité multilatéral autonome, s'affranchissant de la dépendance envers le parapluie sécuritaire américain » [5].

La vulnérabilité du Koweït est particulièrement mise en évidence dans ce scénario. Le Koweït se trouve dans une situation structurelle où il ne dispose d'aucune route alternative pour exporter son pétrole en dehors des eaux du Golfe [3]. En cas de perturbations intermittentes récurrentes du trafic dans le détroit d'Ormuz, les exportations pétrolières koweïtiennes subiront à chaque fois un impact direct [3]. Cette structure contraste avec l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, qui peuvent recourir à des oléoducs alternatifs vers la mer Rouge.

Aux États-Unis, la transformation de la structure d'autosuffisance énergétique agit comme une variable limitant la pérennité de cette phase d'impasse. Selon l'analyse de l'EAI, la part des importations de pétrole du Golfe dans les importations américaines a chuté de 25 % en 2014 à environ 8 % en 2025 [12]. Cependant, la flambée des prix du pétrole causée par un blocus du détroit d'Ormuz se traduit directement par une reprise de l'inflation aux États-Unis et par une pression politique intérieure [12]. Ce rapport analyse que « l'amélioration de l'autosuffisance énergétique n'agit pas comme un renforcement de la patience stratégique, mais plutôt comme un facteur favorisant un retour anticipé à la négociation » [12]. En d'autres termes, il s'agit d'une structure double où, bien que les États-Unis mènent une escalade militaire, la possibilité d'un retour anticipé à la table des négociations subsiste dès que la pression des prix du pétrole dépasse un certain seuil.

Dans ce scénario, on prévoit que le Brent oscillera dans la fourchette de 90 à 100 dollars. En effet, immédiatement après l'attaque de missiles contre la base militaire américaine en Jordanie, le Brent avait bondi d'environ 7 % pour franchir à nouveau les 90 dollars [14]. Les taux de fret maritime devraient également subir une pression structurelle à la hausse, en raison de l'instabilité simultanée des deux principaux points d'étranglement — le détroit d'Ormuz et la mer Rouge [2].

3. Scénario pessimiste (probabilité de 25 à 30 %)

Il s'agit d'un itinéraire où l'escalade s'étend à l'ensemble des pays riverains du Golfe et jusqu'en Afrique du Nord. Ces signes sont déjà apparents. L'Arabie saoudite a reconnu pour la première fois son intervention directe dans la guerre en participant conjointement avec les forces américaines à la frappe contre les milices affiliées à l'Iran en Irak [9][11]. Les autorités égyptiennes ont confirmé que des installations portuaires avaient subi une explosion présumée être le résultat d'une attaque de drone [9][11]. Le Bangkok Post a rapporté cela comme « le premier cas confirmé par les autorités d'une attaque contre l'Égypte depuis le début de la guerre » [11].

L'analyse de la Fondation Carnegie pour la paix internationale étend la portée géographique de cette dynamique d'expansion jusqu'au Maghreb [6]. Selon ce diagnostic, les répercussions du blocage du transport maritime commercial causé par le blocus du détroit d'Ormuz pèsent également sur les plans de transition écologique du Maroc et de l'Algérie [6]. Cela signifie que le choc économique de la crise du Golfe s'étend au-delà de la région du Moyen-Orient, jusqu'à contraindre les politiques de transition énergétique en Afrique du Nord.

L'Iran n'exclut pas la possibilité, dans cet itinéraire d'escalade, de cibler directement les infrastructures énergétiques. Le média omanais Times of Oman a rapporté que les États-Unis et Israël envisageaient des frappes contre des installations énergétiques iraniennes dans les jours à venir, afin de contraindre l'Iran à accepter les conditions d'un cessez-le-feu [13]. Si ce plan était mis à exécution, il est probable que le champ des représailles iraniennes s'étende, au-delà du blocus du détroit d'Ormuz, aux défenses antiaériennes saoudiennes et aux infrastructures des pays producteurs de pétrole du Golfe.

Si ce scénario se concrétise, le Brent pourrait dépasser les 100 dollars et poursuivre sa hausse. Le rapport de l'EAI avait déjà diagnostiqué que « la combinaison de nouvelles frappes américaines contre l'Iran, du renforcement du contrôle iranien sur le détroit d'Ormuz et des attaques des Houthis contre des pétroliers saoudiens en mer Rouge a fait franchir au Brent la barre des 100 dollars le baril, matérialisant une crise complexe du transport maritime » [2]. Le scénario pessimiste correspond à un itinéraire dans lequel cette phase de franchissement des 100 dollars ne constitue pas un simple pic temporaire mais se fige durablement.

4. Impact économique et industriel mondial selon les scénarios

C'est dans le secteur de l'énergie que l'écart entre les scénarios apparaît le plus clairement. Dans l'itinéraire optimiste, on s'attend à une stabilisation à la baisse des prix du pétrole, accompagnée d'un apaisement des prix spot du GNL. Dans le scénario de base, l'oscillation dans la fourchette de 90 à 100 dollars complique considérablement les prévisions de coûts pour les secteurs du raffinage et de la pétrochimie. Dans le scénario pessimiste, la fixation durable au-dessus de 100 dollars entraîne inévitablement une pression simultanée sur les marges de raffinage et sur la hausse des coûts.

Dans le secteur du transport maritime et de la logistique, l'instabilité simultanée des deux points d'étranglement que sont le détroit d'Ormuz et la mer Rouge constitue une condition commune, mais l'intensité varie selon les scénarios [2]. L'analyse de l'EAI qualifie cette situation « d'instabilité simultanée des trois points d'étranglement — mer Rouge, Ormuz et Malacca — entraînant une hausse structurelle des taux de fret maritime mondiaux qui se superpose à un choc de la chaîne d'approvisionnement » [2]. Dans le scénario pessimiste, cet effet de superposition pourrait s'étendre jusqu'à un réajustement des volumes transitant par le détroit de Malacca, avec des répercussions sur l'ensemble des taux de fret maritime en provenance d'Asie.

La structure de partage du fardeau entre alliés varie également selon les scénarios. La hausse de l'autosuffisance énergétique américaine constitue un facteur structurel affaiblissant la légitimité politique intérieure de la protection des routes maritimes du Golfe [12]. Le rapport de l'EAI prévoit un « renforcement progressif attendu de la pression concernant les contributions financières et militaires exercée sur les pays dépendants des importations d'énergie, tels que les États-Unis, le Japon et l'UE » [12]. Cette pression de transfert du fardeau devrait s'intensifier tant dans le scénario de base que dans le scénario pessimiste, et l'élargissement de la coalition de défense maritime menée par l'Arabie saoudite s'interprète comme une réponse régionale visant à combler ce vide [5][9].

Les implications pour les entreprises coréennes découlent moins de la distinction entre les scénarios que de la structure d'exposition elle-même. Avec une dépendance au pétrole du Moyen-Orient dépassant 70 %, la Corée est un pays structurellement vulnérable directement exposé aux chocs d'approvisionnement, quel que soit le scénario [2][12]. Si une phase égale ou supérieure au scénario de base se prolonge, on peut s'attendre à une combinaison de pressions sur les coûts et de hausses des coûts logistiques touchant l'ensemble des secteurs du raffinage, de la pétrochimie, du transport maritime et de la fabrication, et si la situation évolue vers le scénario pessimiste, ce choc risque fortement de se figer non pas comme un pic à court terme, mais comme une hausse structurelle des coûts.

IV. Analyse des stratégies de réponse

Intensification de la guerre totale Iran-Israël-États-Unis : analyse des stratégies de réponse

1. Options de réponse pour le scénario optimiste (probabilité de 15 à 20 %)

Dans une phase où l'élection de la nouvelle direction iranienne et la médiation pakistanaise se concrétisent, les options de réponse des entreprises coréennes se divisent en deux voies. La première consiste à augmenter temporairement la part des achats spot de pétrole et de GNL. L'avantage de cette approche est de pouvoir profiter des opportunités d'achat à bas prix lors de la phase de recul des prix du Brent. Cependant, le projet de pipeline alternatif mer Rouge-Méditerranée évoqué par le Premier ministre Netanyahu nécessitera plusieurs années avant de se concrétiser [4]. Une entrée précipitée sur le marché spot avant la confirmation des résultats des négociations pourrait s'avérer prématurée.

La seconde option consiste à renégocier les conditions des contrats à long terme. Les entreprises de raffinage et de pétrochimie disposent, durant cette période, d'un pouvoir de négociation relativement accru pour introduire dans leurs contrats d'approvisionnement à long terme avec les pays producteurs de pétrole du Golfe des clauses de plafonnement des prix ou d'ajustement des volumes. Les pays producteurs, de leur côté, souhaitent également s'assurer des débouchés stables durant cette phase de fin de guerre. Toutefois, étant donné que la probabilité de réalisation de ce scénario ne dépasse pas 20 % [5], concentrer des ressources sur cette option présente un risque élevé. Durant la phase d'observation visant à confirmer l'entrée en phase de négociation, il convient de privilégier l'examen des clauses de flexibilité des contrats existants plutôt que de nouveaux investissements.

2. Options de réponse pour le scénario de base (probabilité de 45 à 50 %)

Étant donné que cet itinéraire, caractérisé par une impasse prolongée entrecoupée de reprises intermittentes, est le plus probable [5], il doit constituer le centre de gravité des stratégies de réponse. La première option consiste à diversifier les commandes de matières premières tout en formulant des demandes de déstockage des réserves stratégiques de pétrole. Il s'agit pour les raffineurs et les entreprises pétrochimiques de ne pas concentrer les volumes d'un moment donné sur une seule route ou un seul fournisseur. L'avantage réside dans la possibilité de limiter l'ampleur de l'exposition à chaque nouvelle perturbation du trafic dans le détroit d'Ormuz. L'inconvénient est que la diversification des commandes elle-même accroît les coûts logistiques et de gestion. Les volumes d'approvisionnement provenant de pays producteurs sans route alternative en dehors du Golfe, comme le Koweït [3], devraient être prioritairement réduits dans le cadre de cette stratégie de diversification.

La deuxième option est la couverture des taux de fret maritime et l'allongement des contrats d'affrètement. La situation dans laquelle la coalition de défense maritime menée par l'Arabie saoudite propose un élargissement de 14 à 43 pays [5][9] suggère que la sécurité de la route de Bab-el-Mandeb pourrait être en partie gérée dans le cadre d'une coopération multilatérale. Les compagnies maritimes nationales doivent vérifier la couverture des routes garanties par les pays participant à cette coalition, et allonger les contrats d'affrètement privilégiant ces routes. Toutefois, la capacité réelle de cette coalition à mener des opérations d'escorte n'a pas encore été démontrée. Il serait risqué de surestimer l'écart entre l'annonce de participation à la coalition et sa capacité d'exécution réelle.

La troisième option est une réponse préventive à la pression de transfert du fardeau exercée par les États-Unis. Dans une structure où la part des importations de pétrole du Golfe dans les importations américaines est tombée à 8 % [12], la probabilité que Washington exige de ses alliés une participation accrue à la défense des routes maritimes s'accroît structurellement [12]. Il serait avantageux pour le gouvernement et les entreprises coréennes d'examiner à l'avance leur niveau de participation à une coopération sécuritaire maritime multilatérale. Concevoir de manière préventive le champ et les conditions de participation, plutôt que de réagir après que la demande de partage du fardeau ait été formellement exprimée, permet de disposer d'un plus grand nombre de cartes de négociation.

La quatrième option est la diversification des sources d'approvisionnement hors Moyen-Orient. Cela correspond à une augmentation de la part d'approvisionnement en GNL américain et australien [2]. L'avantage est de s'affranchir fondamentalement du risque lié au détroit d'Ormuz. L'inconvénient réside dans le temps nécessaire à la transition contractuelle et le risque de détérioration des relations avec les fournisseurs actuels du Moyen-Orient. Compte tenu de la tendance des pays producteurs du Moyen-Orient à réexaminer leur dépendance sécuritaire envers les États-Unis à la suite de cette crise [5][9], une diversification trop brutale pourrait affaiblir les canaux de coopération futurs avec les pays du Moyen-Orient. Il serait plus réaliste d'aborder la diversification selon une approche à double voie, maintenant simultanément de nouveaux contrats hors Moyen-Orient et les contrats existants au Moyen-Orient.

3. Options de réponse pour le scénario d'aggravation (probabilité de 30 à 35 %)

Si la dynamique d'escalade se propageant à l'ensemble des pays riverains du Golfe se confirme, comme l'illustrent l'attaque du port égyptien [9][11] et la reconnaissance de l'intervention militaire directe de l'Arabie saoudite [9][11][15], la nature des options de réponse doit passer de la gestion à la protection. La première option est un déstockage effectif des réserves stratégiques de pétrole en préparation d'une perturbation totale du trafic dans le détroit d'Ormuz. Dans une structure où la dépendance de la Corée au pétrole du Moyen-Orient dépasse 70 % [2][12], si le blocus se prolonge au-delà de quelques semaines, les réserves seules ne suffiront pas à combler le vide d'approvisionnement. La faisabilité de cette option dépend de l'ampleur des réserves gouvernementales et de la rapidité de la décision de déstockage. Plus la décision sera retardée, plus la pression sur les coûts des raffineurs s'accumulera.

La deuxième option est l'ajustement des prix des produits et le transfert des coûts, reflétant la flambée des taux de fret maritime. Dans une situation où les trois points d'étranglement — mer Rouge, Ormuz et Bab-el-Mandeb — deviennent simultanément instables [2], la hausse des taux de fret ne se limitera pas à un phénomène temporaire. Les fabricants devront accélérer le rythme d'ajustement pour intégrer la hausse des coûts logistiques dans les prix des produits. Toutefois, cette option risquant de provoquer une contraction de la demande intérieure, son champ d'application devra être différencié selon la capacité de transfert des coûts propre à chaque secteur.

La troisième option consiste à renforcer les mesures de sécurité pour les filiales locales et le personnel dans la région du Golfe. Alors que les cibles des attaques s'étendent désormais jusqu'à l'Égypte et à la Jordanie [9][11][15], la sécurité physique du personnel local des entreprises coréennes dans les pays producteurs de pétrole du Golfe devient un facteur de risque concret. Le retrait temporaire du personnel non essentiel et le passage à des modes d'exploitation à distance devraient être examinés en priorité. Cette mesure n'est pas difficile à mettre en œuvre en soi, mais elle implique un compromis entre la continuité des activités locales et la garantie de la sécurité.

La quatrième option est une intégration anticipée dans le nouvel ordre mené par l'Arabie saoudite. Si l'élargissement de la coalition de défense maritime saoudienne [5][9] se confirme comme un système de sécurité régional complétant ou remplaçant le parapluie sécuritaire américain, les pays qui n'y participent pas risquent d'être relégués en position secondaire pour la garantie des routes maritimes. La Corée doit envisager de participer précocement à la coopération sécuritaire multilatérale menée par l'Arabie saoudite afin de s'assurer une priorité de passage. Il s'agit également d'une stratégie d'intégration dans l'architecture sécuritaire du Moyen-Orient, en cours de restructuration vers un système de gestion conjointe américano-saoudien [5].

4. Priorités de réponse selon les scénarios

À l'heure actuelle, la réponse au scénario de base doit être la priorité absolue. Sa probabilité est la plus élevée [5], et le schéma consistant en une déclaration de fin de guerre en juin suivie d'une reprise des combats en juillet a déjà été confirmé une fois [2][5]. Les secteurs du raffinage et de la pétrochimie doivent immédiatement mettre en œuvre une diversification des commandes de matières premières et une extension des réserves stratégiques. Le secteur du transport maritime doit à la fois vérifier la capacité d'exécution de la coalition de défense maritime saoudienne et intégrer des clauses de risque dans les conditions des contrats d'affrètement.

Pour le scénario d'aggravation, il est judicieux d'établir à l'avance des plans de préparation permettant une transition immédiate au moment de sa survenue. La documentation préalable des lignes de demande de déstockage des réserves, des critères de retrait du personnel local et des seuils déclenchant l'ajustement des prix des produits permet de réduire les délais de réponse lors du déroulement réel de la situation. Le scénario optimiste, ayant une faible probabilité de réalisation, appelle davantage à une observation de l'évolution des négociations qu'à un investissement préventif distinct.

La pression de transfert du fardeau exercée sur les alliés, résultant de la transformation de la structure d'autosuffisance énergétique américaine [12], est une variable qui opère de manière commune dans les trois scénarios. La réponse à cette variable est un élément à préparer dès maintenant, indépendamment de la divergence des scénarios. Le gouvernement coréen doit concevoir à l'avance son niveau de participation à la coopération sécuritaire maritime multilatérale ainsi que ses cartes de négociation concernant le partage des coûts de défense [12].

V. Recommandations finales de réponse

Intensification de la guerre totale Iran-Israël-États-Unis : synthèse des stratégies de réponse

1. Jugement d'ensemble et recommandations de réponse

L'essence de la phase actuelle est une impasse structurelle résultant de l'absence d'interlocuteur pour les négociations [5]. Le retard dans la restructuration de la direction iranienne après la mort de Khamenei a figé un schéma répétitif de déclaration de fin de guerre en juin suivie d'une reprise des combats en juillet [2][5]. Ce schéma ne se résoudra pas à court terme. Le scénario de base présenté par l'analyse de l'EAI, à savoir « une impasse prolongée entrecoupée de reprises intermittentes », est le plus probable, avec une probabilité de 45 à 50 % [5]. Les entreprises coréennes doivent élaborer leur dispositif de réponse en tenant compte de cette structure probabiliste.

La stratégie recommandée est la « préparation conditionnelle » (Conditional Readiness) [2]. Il s'agit d'une approche consistant, plutôt qu'à entamer immédiatement une restructuration globale de la chaîne d'approvisionnement, à concevoir à l'avance des niveaux de réponse selon des points de déclenchement précis. Trois raisons justifient ce choix.

Premièrement, les écarts de risque entre pays producteurs de pétrole sont considérables, mêlant des pays structurellement vulnérables comme le Koweït et des pays disposant de routes alternatives comme l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis [3]. Le Koweït, ne disposant pas de littoral alternatif en dehors du Golfe, subit un impact direct à chaque nouvelle perturbation du trafic dans le détroit d'Ormuz [3]. En revanche, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis disposent d'une marge de manœuvre grâce à des oléoducs de contournement vers la mer Rouge [3]. Traiter de manière uniforme les risques selon les sources d'approvisionnement conduirait à des erreurs de jugement.

Deuxièmement, la motivation même des États-Unis à s'engager s'affaiblit [12]. La part des importations de pétrole du Golfe dans les importations américaines est passée de 25 % en 2014 à environ 8 % en 2025 [12]. Cela signifie que la motivation économique directe des États-Unis à protéger le détroit s'est structurellement affaiblie [12]. Parallèlement, si un blocus du détroit d'Ormuz stimule l'inflation aux États-Unis, la pression pour un retour anticipé à la négociation s'accroît également [12]. Tant que ces deux forces s'affrontent, le niveau d'engagement américain restera difficile à prévoir et fluctuera. Il serait risqué pour la Corée de maintenir une conception de sa chaîne d'approvisionnement reposant uniquement sur le parapluie sécuritaire américain.

Troisièmement, la coalition maritime multilatérale menée par l'Arabie saoudite émerge comme un nouvel axe de l'ordre régional [5][9]. Cette coalition a été proposée en vue d'un élargissement de 14 à 43 pays [5]. L'analyse de l'EAI y voit un signe de restructuration de l'architecture sécuritaire du Moyen-Orient sous la forme d'une « gestion conjointe américano-saoudienne » [5]. Si les entreprises coréennes sont exclues de ce nouvel ordre, elles risquent de se trouver en position désavantageuse pour l'accès aux informations sur la sécurité de navigation et les négociations relatives à la priorité de passage.

2. Plans d'exécution à court, moyen et long terme

Court terme (0 à 3 mois)

Les entreprises de raffinage et de pétrochimie doivent immédiatement mener de front des demandes de déstockage des réserves stratégiques de pétrole et la diversification des commandes spot de pétrole brut. Il est nécessaire d'augmenter en priorité la part d'approvisionnement saoudien et émirati, tout en réduisant progressivement la part koweïtienne [3]. Les compagnies maritimes doivent réexaminer les conditions de renouvellement de l'assurance contre les risques de guerre pour les navires transitant par le détroit d'Ormuz, et s'assurer au préalable d'options de contournement des routes proches de la Jordanie, de l'Égypte et de l'Irak [9][11][15]. Comme l'illustre l'attaque de drone contre le port égyptien, les routes de la mer Rouge et de Suez ne constituent plus non plus des zones sûres [9][11].

Le service de trading GNL doit entamer un examen des contrats visant à diversifier vers les États-Unis et l'Australie les sources de substitution spot aux volumes dépendant du Qatar [2]. Cela s'aligne sur l'orientation « diversification des sources d'approvisionnement hors Moyen-Orient, notamment GNL américain et australien » [2] présentée dans un rapport antérieur de l'EAI.

Moyen terme (3 à 12 mois)

Les canaux de renégociation des contrats d'approvisionnement à long terme doivent être différenciés selon les pays producteurs de pétrole du Golfe. Avec l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, il serait réaliste d'introduire des clauses d'attribution prioritaire des volumes conditionnées à l'utilisation de routes alternatives, tandis qu'avec le Koweït, il conviendrait de renforcer les clauses d'ajustement de volumes et d'indemnisation en cas de retard, applicables en cas de perturbation du détroit d'Ormuz [3]. Ces négociations doivent être menées de manière intensive au moment où les pays producteurs sont incités à s'assurer des débouchés stables, c'est-à-dire durant les phases d'accalmie locale, afin d'accroître le pouvoir de négociation.

Au niveau gouvernemental, il convient d'examiner la possibilité de participer à la coalition de défense maritime menée par l'Arabie saoudite [5][9]. Si l'élargissement du nombre de pays participants se poursuit, la non-participation de la Corée pourrait constituer un désavantage relatif en matière d'accès à l'information et de priorité de passage [5]. Le ministère du Commerce, de l'Industrie et de l'Énergie ainsi que le ministère des Affaires étrangères doivent ouvrir un canal de concertation préalable avec l'Arabie saoudite concernant les conditions de participation et les modalités de partage des coûts.

Long terme (plus de 12 mois)

La réduction de la dépendance de la structure d'importation énergétique envers le Moyen-Orient ne pourra pas s'achever à court terme. La structure actuelle, où la dépendance au pétrole du Moyen-Orient dépasse 70 %, est la cause fondamentale de l'exposition directe aux chocs d'approvisionnement en cas de blocus du détroit d'Ormuz [2][12]. La sécurisation de sources d'approvisionnement hors Moyen-Orient et l'extension des réserves stratégiques sont deux axes à mener de front [2]. Étant donné que la pression de transfert du fardeau exercée par les États-Unis devrait structurellement persister [12], la Corée doit lier sa participation à la coopération sécuritaire maritime multilatérale à ses propres négociations sur le partage des coûts de défense, afin d'élargir sa marge de manœuvre [12].

3. Indicateurs de suivi et points de déclenchement

Déclencheur de niveau 1 - Évolution de la direction iranienne : il convient de suivre la fréquence et le ton des déclarations officielles du SNSC et de l'état-major militaire iranien [7]. La reprise ou non de la médiation pakistanaise constitue un indicateur avancé de l'entrée dans le scénario optimiste [5].

Déclencheur de niveau 2 - Extension géographique de l'escalade : la survenue ou non d'attaques contre des pays riverains du Golfe non producteurs de pétrole, tels que l'Égypte et la Jordanie, est essentielle [9][11][15]. L'attaque de drone contre le port égyptien constitue déjà un cas où ce déclencheur s'est activé [9][11].

Déclencheur de niveau 3 - Sortie de la fourchette des prix du pétrole : si le Brent repasse au-dessus de 90 dollars ou approche les 100 dollars, une pression simultanée sur les marges des raffineurs nationaux et une flambée des coûts logistiques se produiront [2][14]. Dans cette fourchette, il faudra concerter immédiatement avec le gouvernement sur un éventuel déstockage des réserves stratégiques de pétrole.

Déclencheur de niveau 4 - Taille de la coalition saoudienne : le fait que le nombre de pays participant à la coalition de défense maritime s'approche ou non de l'objectif de 43 pays constitue un indicateur permettant de mesurer la vitesse de restructuration de l'ordre sécuritaire du Moyen-Orient [5].

4. Conclusion résumée

Cette crise ne constitue pas un choc ponctuel, mais un schéma d'escalade et d'accalmie qui se répète dans une condition structurelle marquée par l'absence d'interlocuteur pour les négociations [5]. Les entreprises coréennes doivent répondre en distinguant les écarts de risque selon les pays producteurs de pétrole, tout en menant de front une diversification autonome de leurs chaînes d'approvisionnement, en tenant compte de l'affaiblissement de la fiabilité du parapluie sécuritaire américain [3][12]. La question de l'intégration au nouvel ordre mené par l'Arabie saoudite relève d'un jugement stratégique nécessitant une décision au niveau gouvernemental, et une réponse à double voie, fondée sur l'hypothèse d'une instabilité d'au moins 6 à 18 mois, constitue actuellement le choix le plus réaliste [5][26].

Journaliste Gong Hun-eui (huney.kong@gmail.com)

[Ceci est un test destiné à l'examen d'éligibilité pour les demandes de communiqués de presse.]

Sources de référence

[1] [The Hindu] West Asia war LIVE: Trump says U.S. to hit Iran hard after attacks on bases in Jordan

[2] [East Asia Institute] Crise du transport maritime en mer Rouge et dans le Golfe et franchissement des 100 dollars le baril : risque des points d'étranglement complexes et stratégie de réponse de l'industrie coréenne

[3] [MEED (Middle East Economic Digest)] Regional war to have lasting impact on Kuwaiti oil sector

[4] [Haaretz] Netanyahu: Strait of Hormuz will lose energy market leverage after Iran conflict ends

[5] [East Asia Institute] Perspectives sur l'escalade du conflit armé américano-iranien et la restructuration du système d'alliances au Moyen-Orient

[6] [Carnegie Endowment] From Hormuz to the Maghreb: The Geopolitical Reach of a Gulf Crisis

[7] [Tehran Times] Iran warns of escalation in Hormuz standoff, vows retaliation against any new US-led attack

[8] [East Asia Institute] [Série de commentaires spéciaux Global NK] Critique du « Cold Peace » (paix froide) de Victor Cha

[9] [Gulf News] US launches 'powerful' retaliatory strikes on Iran; Egypt probes drone-hit port fire

[10] [East Asia Institute] [Webinaire EAI] Reading the Beijing Summit: What the Trump-Xi Meeting Means for Washington, Beijing, and Seoul

[11] [Bangkok Post] Middle East faces expanded war as Iran and US reignite attacks

[12] [East Asia Institute] Implications de la transition vers l'autosuffisance énergétique américaine sur la stratégie envers le Moyen-Orient : affaiblissement de la volonté de protéger le détroit d'Ormuz et perspectives de transfert du fardeau aux alliés

[13] [Times of Oman] US, Israel planning to bombard energy-related targets in Iran: Report

[14] [Dünya] TRUMP TEHDİT ETTİ, FİYAT FIRLADIPetrol yeniden kritik eşikte

[15] [Hürriyet Daily News] Widening Iran-US war pulls in more countries

[16] [Financial Post] US Says It Intercepted Iran Attack, Sending Oil Prices Surging

[17] [Arabian Business] Oman proposes Gulf-backed Strait of Hormuz plan as Trump warns Iran of fresh strikes

[18] [The Globe and Mail] Oman presents Iran with Gulf-backed plan to collect voluntary fees to use Strait of Hormuz

[19] [Dawn] US says Strait of Hormuz 'remains open'

[20] [AP (Associated Press)] Iran launches renewed missile attacks as US and Saudis strike Tehran-backed militias in Iraq

[21] [Haaretz] 9:00 PMSaudi Arabia announces 14-nation alliance to secure Red Sea shipping

[22] [Al-Monitor] Oil price rises after Iran says it stops ships in Hormuz

[23] [Geo News] Oil price rises after Iran says it stops ships in Strait of Hormuz

[24] [The Irish Times] New front in US-Iran war signalled wth drone strike on Egyptian port

[25] [Haaretz] U.S. embassies across Middle East issue warnings, call to 'consider departing'

[26] [EAI Global] test

Schéma도식화

*Ce texte est une traduction par IA d'un original rédigé en coréen. Certaines traductions ou nuances peuvent être inexactes.

Ce rapport est une analyse approfondie conçue par un chercheur de l'EAI, fondée sur une recherche rigoureuse assistée par IA et finalisée par le chercheur de l'EAI.

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